S. Herménégilde
13 avril

On lit au début du Martyrologe Romain de ce jour :


À Séville, en Espagne, saint Herménégilde, fils de Léovigilde, roi arien des Visigoths.

Jeté en prison pour avoir confessé la Foi catholique, il refusa, aux solennités de Pâques, de recevoir la communion des mains d’un évêque arien et, par ordre d’un père perfide, il eut la tête fendue d’un coup de hache.

Ainsi en perdant une couronne terrestre, il obtint, roi et martyr, le royaume des Cieux.

Saint Herménégilde condamné à mort pour avoir refusé de faire ses Pâques des mains d
Saint Herménégilde condamné à mort pour avoir refusé de faire ses Pâques
des mains d'un évêque arien (pourtant… « valide »…).

1338

RÉSUMÉ :


Fils du roi des Visigoths d’Espagne, saint Herménégilde épousa la fille du roi des Francs d’Austrasie, et se convertit à la Foi catholique, car sa famille était arienne. Son père irrité le fit mettre dans un cachot et la nuit de Pâques lui fit porter la Communion par un évêque arien.

« Mais Dieu ne le délaissa point dans les chaînes ». « Saint Herménégilde sacrifia à l’amour de Dieu l’amour de son père et de sa propre vie », et repoussa l’évêque hérétique avec indignation.


[ On n’a pas dit que le sacrement ait été invalide ou même l’épiscopat, et saint Herménégilde a refusé de faire ses Pâques des mains d’un évêque-hérétique-quoique-valide et non à cause de l’invalidité… ]

Mis à mort le 13 avril 586, il participa au triomphe du Christ qui « dans le royaume de Dieu lui donna le sceptre royal ». Son père en effet mourut en demandant à Récarède, frère du Martyr, de ramener toute sa nation à la vraie Foi. Et l’Espagne se fit chrétienne.


À l’exemple de saint Herménégilde, qui préféra la royauté du Ciel à celle de la terre, méprisons les biens périssables pour ne chercher que les biens éternels ».

  • Saint Herménégilde honoré à Nice : 1644 [ date inscrite sur la fontaine du village à Moriez… ] (Histoire des Diocèses de France (17) : Nice et Monaco, p. 109)

Extrait :

CHAPITRE V

Le diocèse de Nice du XVIe au XVIIIe siècle

Cérémonies, dévotions, pratiques pieuses


Les grandes cérémonies sont la manifestation la plus spectaculaire de la religiosité. Les processions accompagnent toutes les fêtes ou ont lieu en des circonstances exceptionnelles lorsque la protection divine est particulièrement nécessaire : périodes de sécheresse, d’inondations, d’épidémie : en 1608, on organise une procession pour demander que cesse le ravage des récoltes par les vers ; en 1650, l’évêque se rend en procession sur la plage et s’embarque pour maudire les dauphins qui gênent les pêcheurs ; en 1782, lors d’un furieux orage de grêle, il n’est pas question de procession, mais la foule se masse dans la cathédrale autour du Saint-Sacrement qu’a exposé le Chapitre. Parmi les cérémonies assez solennelles pour avoir été notées par les chroniqueurs, on trouve les arrivées de reliques : corps du martyr saint Agapit déposé chez les Clarisses en 1616, relique de sainte Rosalie à la suite du vœu de la ville lors de la peste de 1631, relique de saint Vincent en 1642, bras de saint Herménégilde en 1644… La canonisation des saints Ignace et François-Xavier donne aussi lieu à de grandes cérémonies : feux de joie pendant trois nuits, procession générale, etc.

DIALOGUES de SAINT GRÉGOIRE - LE GRAND

Écrit de 594

INCIPIUNT CAPITULA LIBRI TERTII

Table des chapitres du Livre III


XXXI. Le roi Herménégilde, fils du roi wisigoth Léovigilde, mis à mort par son père pour la Foi catholique

2084

GRÉGOIRE. De nombreux visiteurs venus des Espagnes nous ont appris que récemment le roi Herménégilde, fils de Léovigilde, roi des Wisigoths, se convertit de l’hérésie arienne à la Foi catholique, instruit par le très révérend Léandre, Évêque de Séville, avec qui je suis lié depuis longtemps en intime amitié.


2. Son père arien entreprit de le faire revenir à cette hérésie, avec des avantages pour le persuader et des menaces pour l’effrayer. Comme il répondit très fermement qu’il n’abandonnerait jamais la vraie Foi maintenant qu’il la connaissait, son père, irrité, le destitua de la royauté et le dépouilla de tous ses biens. Même après cela, comme il n’arrivait pas à ébranler sa force d’âme, il l’enferma dans un cachot étroit avec des fers au cou et aux poignets. Le jeune roi Herménégilde méprisait le royaume terrestre, cherchant le Céleste d’un puissant désir. Il gisait, enchaîné, vêtu d’un cilice, à prier avec effusion le Dieu tout-puissant de lui donner du cœur. Il dédaignait avec d’autant plus de grandeur la gloire de ce monde transitoire, que, chargé de chaînes, il connaissait le néant des biens susceptibles d’être confisqués.


3. Quand vint la fête de Pâques, dans le silence au cœur de la nuit, son mécréant de père lui envoya un évêque arien pour recevoir de sa main une communion consacrée de façon sacrilège. De cette manière, il mériterait de rentrer en grâce auprès de son père. Mais l’homme tout donné à Dieu fit à l’évêque arien venu à lui les remontrances qu’il lui devait. Il repoussa sa mécréance avec les reproches qui convenaient, car si extérieurement il gisait enchaîné, en son for intérieur, à la haute altitude de son âme, il se dressait en sécurité.


4. Au retour de l’évêque, le père arien frémit de rage, et aussitôt il dépêcha ses appariteurs avec ordre de mettre à mort l’inébranlable confesseur de Dieu là où il gisait. Ce qu’ils firent. À peine entrés, ils lui fichèrent une hache dans le crâne, lui ôtant ainsi la vie corporelle. Ils réussirent à massacrer en lui ce que cet homme mourant avait lui-même, de toute évidence, méprisé.


5. Mais pour révéler sa véritable gloire, les signes d’en-haut ne manquèrent pas. On entendit dans le silence nocturne le chant d’une psalmodie auprès du corps de ce roi et martyr : oui, il fut vraiment roi parce qu’il fut aussi martyr. Certains rapportent aussi que là, pendant la nuit, des lampes allumées apparaissaient. Il s’ensuivit que son corps fut à juste titre, comme celui d’un Martyr, vénéré par tous les fidèles.


6. Son père hérétique et parricide (1) fut secoué d’un sentiment de pénitence. Il se repentit de son action, mais n’alla pas jusqu’à obtenir le salut, car il reconnut que la Foi catholique est la vraie, mais arrêté par la crainte des réactions de son peuple, il ne mérita pas d’y accéder. Tombé malade, arrivé à toute extrémité, il eut soin de recommander à l’Évêque Léandre, que naguère il avait vivement persécuté, son fils le roi Récarède, qu’il laissait dans son hérésie : que l’Évêque fît avec lui, par ses instructions, comme pour son frère Herménégilde. Cette recommandation faite, il mourut.

(1) C’est le mot latin. En français, le sens par extension, vieilli, est celui d’une personne qui attente à la vie de très proches parents.


7. Après sa mort, le roi Récarède ne suivit pas son père hérétique mais son frère Martyr. Il se convertit de la mauvaise hérésie arienne et conduisit à la vraie Foi toute la nation des Wisigoths : il ne permit à personne d’être employé au service de son royaume, s’il osait être hostile au royaume de Dieu par la mécréance hérétique.


8. Ne nous étonnons pas qu’il soit devenu héraut de la vraie Foi, ce frère d’un Martyr. Celui-ci, par ses mérites, aide Récarède à ramener tant d’hommes dans le sein de Dieu tout-puissant. Dans ce retournement, il nous faut bien voir que tout cela n’aurait pas pu se produire si le roi Herménégilde n’était pas mort pour la vérité. Car comme il est écrit : « Si le grain de froment tombant en terre ne meurt, il demeure seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn, XII, 24), nous voyons s’accomplir dans les membres ce qui s’est accompli, nous le savons, dans la tête. En effet, dans la nation des Wisigoths, un seul est mort pour que beaucoup aient la vie, et quand un seul grain est tombé dans sa fidélité pour garder la Foi, une grande moisson d’âmes s’est levée.


PIERRE. Admirable ! Et bien étonnant pour notre époque.



Jeudi 16 août 2018
S. Joachim,

père de la Bienheureuse Vierge Marie,

confesseur
2e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Ô Dieu, qui, de préférence à tous Vos Saints, avez choisi le bienheureux Joachim pour qu’il fût le père de la Mère de Votre Fils, accordez-nous, s’il Vous plaît, la grâce d’être constamment protégés par celui dont nous célébrons la fête. Par le même Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Voulant associer le nom de saint Joachim au triomphe de sa fille bénie, l’Église a transféré sa fête du 20 mars au lendemain de l’Assomption. Léon XIII, qui avait reçu au baptême le nom de Joachim, éleva sa fête et celle de sainte Anne au rite double de 2e classe (1879).


« Saint Joachim et sainte Anne, dit saint Épiphane, attirèrent sur eux, par une vie irréprochable, les divines complaisances, et méritèrent d’avoir un si beau fruit de leur union, la sainte Vierge Marie, temple et mère de Dieu. Saint Joachim, sainte Anne et la bienheureuse Vierge Marie offraient manifestement à eux trois un sacrifice de louange à la Trinité. Le nom de Joachim signifie préparation du Seigneur. N’est-ce pas lui, en effet, qui prépare le Temple du Seigneur, la Vierge ? ».


Aussi l’Introït et le Graduel de la Messe font-ils ressortir les vertus de ce grand Confesseur et nous rappellent-ils les nombreuses aumônes que faisait ce Saint, car, selon une tradition, il divisait ses biens en trois parties, dont la première était destinée au temple et ses ministres, la seconde aux pauvres, aux veuves et aux orphelins, il ne se réservait que la troisième.


« Bienheureux couple, dit à son tour saint Jean Damascène, toute la création vous est redevable. C’est en effet par vous qu’elle a pu offrir au Créateur un présent au-dessus de tous les présents, la chaste mère, qui seule était digne de ce Créateur. Réjouis-toi, Joachim, car un Fils nous est né de ta fille ». Et l’Évangile est consacré à nous montrer la descendance royale de ce Fils, car c’est en épousant Marie, fille de Joachim ou Héliachim, que Joseph fils de Jacob, fit de Jésus l’héritier légal de David.


Comme la grâce perfectionne la nature sans la détruire, l’on peut affirmer que saint Joachim, uni comme saint Joseph et sainte Anne par un lien très intime à la mère de Dieu et à son Fils, est appelé à exercer son patronage perpétuel à l’égard de l’Église, prolongement de Jésus, ou de nos âmes dont Marie est la mère.


« Offrons en ce jour à Dieu le Saint Sacrifice en l’honneur du saint Patriarche Joachim, père de la Vierge Marie, afin que sa prière, jointe à celle de son épouse et de leur enfant béni, nous mérite la pleine rémission de nos péchés et la gloire éternelle. »


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Nos marques de respect ne doivent pas seulement s’adresser à nos supérieurs, pas même seulement à nos égaux, nous devons nous respecter « l’un l’autre », nous devons respecter même nos inférieurs ; personne ne doit être exclu de notre respect. On peut, envers un serviteur, un homme sans éducation, un pauvre, employer d’autres formes de politesse, mais nous devons être polis même envers le dernier domestique de la maison, même envers le plus pauvre mendiant qui se tient à notre porte, même envers le plus simple illettré.

Méditation du jour
La patience est un moyen de parvenir à l’humilité  suite

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