N° 1669 12 avril 2015

ACTUALITÉ DE SAINT HERMÉNÉGILDE

2211

Cette actualité tient d’abord à ce que les Saints sont toujours d’actualité, raison pour laquelle notre sainte Mère l’Église les a canonisés afin de nous servir de modèles, d’exemples, de références à cette illustration de la vie catholique qu’ils ont manifestée.


Ensuite parce que notre Saint a sa fête en une période habituellement occupée par un calendrier du temporal mobile qui empêche très souvent la fête d’être célébrée (les Saints de cette période sont à ce même régime), mais cette année la Saint-Herménégilde peut être célébrée normalement. Profitons-en !


Ce qui n’est plus d’actualité, ce sont les belles familles princières catholiques de l’Europe qui tentent de s’allier, et y arrivent fréquemment et avec une certaine facilité, car elles sont catholiques. Pour ce qui regarde notre Saint, nous avons deux familles royales, l’une chez les Goths d’Espagne (les Wisigoths dans la presque totalité de la péninsule ibérique et le Languedoc, un véritable empire avec Tolède comme capitale), l’autre en Austrasie (Nord-Est de la France, la Belgique et jusqu’au Rhin, avec Reims puis Metz comme capitale). Léovigilde est roi des Wisigoths et Sigebert, petit-fils de Clovis, roi d’Austrasie. Pour assurer une dynastie, Léovigilde place ses deux fils, chacun comme roi d’une partie de l’Espagne et saint Herménégilde s’installe à Séville pour la partie méridionale.


SAINT LÉANDRE ET L’HÉRÉSIE GALOPANTE


Goswinde, belle-mère de Sigebert est la seconde épouse de Léovigilde. Indegonde, fille de Sigebert va épouser saint Herménégilde fils de Léovigilde. Mais depuis de nombreuses années, Léovigilde s’était laissé aller par cette femme à l’arianisme, l’hérésie galopante de l’époque, entraînant son royaume et ses fils. Quant à Indegonde, pieuse et fervente catholique, elle sut gagner son jeune époux : « Si je voyais le moindre rayon de vérité en la secte que vous professez, et quelque espérance de salut, je m’y rangerais de bon cœur pour me lier davantage à votre personne, que j’aime après Dieu plus que toutes les choses du monde ; mais il est certain que vous êtes dans l’erreur, que vous suivez un fantôme au lieu de la vérité, et que, mourant en cet état, vous perdez votre âme, que je voudrais racheter au prix de tout mon sang ».


HERETICUM HOMINEM DEVITA


Saint Herménégilde se place alors sous la direction de l’archevêque catholique de Séville, saint Léandre (dont la sœur fut la première femme de Léovigilde), qui le catéchise puis le baptise et le confirme. À cette dernière occasion d’ailleurs, saint Herménégilde fait frapper des pièces d’or avec son image, et comme inscription « Hereticum hominem devita, Évitez l’homme hérétique ». Plus tard, après le martyre de saint Herménégilde en 586, saint Léandre sera éxilé et se liera d’amitié à Constantinople avec un saint personnage qui deviendra le Pape saint Grégoire-le Grand qui rapportera en 594 les événements concernant saint Herménégilde dans ses Dialogues.

SOTTISES ET CONTRE-VÉRITÉS
   L’église métropolitaine de Séville où saint Herménégilde fut roi. Il y a une chapelle, ainsi que saint Léandre, et Christophe Colomb un beau monument avec ses reliques.
L’église métropolitaine de Séville où saint Herménégilde fut roi.
Il y a une chapelle, ainsi que saint Léandre,
et Christophe Colomb un beau monument avec ses reliques.

2212

D’anciennes contre-vérités, extrapolées de saint Isidore de Séville — frère de saint Léandre auquel il succéda sur le siège épiscopal de Séville — qui ignore la conversion de saint Herménégilde, ont été reproduites, comme le fait que notre jeune roi se serait rebellé contre son père. Le témoignage de l’archevêque de Séville, saint Léandre, reproduit par saint Grégoire-le Grand, indique bien la provocation du père voulant faire renoncer son fils au Catholicisme. Témoignage aussi de saint Grégoire de Tours concernant les horreurs commises par Goswinde à l’égard de sa belle-fille dans le même but de la faire apostasier. Léovigilde déjà mis en fureur par la résistance de son fils, poussé par sa femme vexée de ne rien obtenir de sa belle-fille, entreprit une guerre contre son fils qu’il fit prisonnier par une grande traîtrise et mettre aux fers, et c’est là que, Pâques de l’an 586 étant arrivé, l’évêque hérétique-quoique-valide, s’est vu refuser ses actes religieux qui n’étaient pas d’Église. L’ayant appris, Léovigilde fit décapiter son fils.


Certains ont pu faire de saint Herménégilde un « martyr de l’Eucharistie », ce qui est un raccourci. Certes notre saint roi a concrètement refusé l’hostie présentée dans sa prison par l’évêque arien venu sur l’ordre du roi Léovigilde. Mais c’était pour l’obliger à « faire ses Pâques », c’est-à-dire certes communier, mais aussi ce qui va avec, la confession dans le sacrement de pénitence qui précède et prédispose à la communion. Nous dirions plutôt : un Martyr de la foi en l’Église.


Certain a prétendu récemment s’appuyer sur les Petits Bollandistes pour affirmer que saint Herménégilde avait refusé les sacrements de l’évêque arien parce qu’il aurait été un évêque invalide. Cela parce qu’il est dit que saint Herménégilde a reçu un baptême arien invalide. Mais quel rapport avec l’évêque arien qui intervient peut-être vingt ans plus tard ?

   Récarède, roi de toute l’Espagne wisigothe (586-601) après la mort de son père Léovigilde, et converti au Catholicisme après le Martyre de son frère saint Herménégilde.
Récarède, roi de toute l’Espagne wisigothe (586-601) après la mort de son père Léovigilde,
et converti au Catholicisme
après le Martyre de son frère saint Herménégilde.

2213

Le sang des Martyrs étant de la semence de Chrétiens (Tertullien), après la mort de saint Herménégilde, son frère Récarède, devenu roi des Wisigoths à la mort de son père, se convertit et entraîna derrière lui toute l’Espagne.

S. HERMÉNÉGILDE
Chapelle de notre Prieuré La Croix Saint-Joseph à Mouans-Sartoux en Provence
La statue de saint Herménégilde refusant le ministère d’un évêque qui n’est pas d’Église.
La statue de saint Herménégilde
refusant le ministère d’un évêque qui n’est pas d’Église.

2214

Le roi prisonnier saint Herménégilde refuse les services d’un évêque-hérétique-quoique-valide, comme nous devons le faire nous-mêmes pour tous ces « évêques » multi-formes (ou sans forme…) et leurs produits, qu’ils soient carrément invalides comme les officiels, ou des « cercles-carrés-quoique-valides » autrement appelés « évêques-diminués » qui se multiplient à la façon des lapins australiens (voyez sous la soutane).


Pour nous aider à méditer

Le tentateur se conduit à la façon des hérétiques. Il cite l’Écriture. Tous les Pères observent que c’est le propre des hérétiques de citer les bonnes paroles dans un mauvais sens. Voir saint Vincent de Lérins, Tertullien et tous les autres. “La science des Écritures consiste non pas à les lire mais à les comprendre” (S. Jérôme). (S. François de Sales, Sermons, CXXI)

Notes tirées du sermon

Demain nous fêterons saint Herménégilde. Dans le calendrier liturgique, sa fête, le 13 avril, se situe autour de Pâques car il a été martyrisé ce jour-là après avoir refusé de faire ses Pâques par le moyen de « la communion d’une consécration sacrilège » dit le Pape saint Grégoire-le Grand. Il faut noter qu’il n’y aurait pas de consécration sacrilège si l’évêque arien avait été invalide, puisqu’il n’y aurait pas eu de consécration du tout.

« Faire ses Pâques » c’est communier (et donc se confesser préalablement) au moins une fois l’an, et dans cette période qui généralement commence le dimanche des Rameaux et se termine le dimanche in Albis, avec des élargissements dans certains diocèses. Comme ce devoir est doux à ceux qui, en ce dimanche, ont déposé l’habit blanc de leur Baptême en la nuit pascale ! Et tout autant pour ceux qui ont simplement (!) renouvelé les promesses de leur Baptême. C’est, dans la joie pascale, plus qu’un complément, la plénitude. Dans ce sommet de l’année liturgique, comment rester à l’écart quand Dieu nous donne de vraies possibilités d’utiliser les Sacrements d’Église.

Il y a le cas, pénible humainement, de ceux qui sont obligés, comme saint Herménégilde, de se priver (ou d’être privés) de ces Sacrements pour rester totalement fidèles à l’Église et de témoigner ainsi de leur Foi. Mais peut-on mesurer la grâce que Dieu peut accorder à ceux qui, si entièrement, se soumettent à cette dure restriction ? Saint Grégoire ne dit-il pas que « bien qu’il fut couché extérieurement lié, il se tenait assuré en lui-même dans une grande élévation d’esprit (…) ce très constant confesseur de Dieu ». Et d’ajouter : ce que les assassins « purent faire périr en lui [ce n’était pas la Foi], c’était une chose que celui-là même qui périt se trouvait avoir méprisée en lui-même ». Et la gloire qui s’ensuivit : « Cependant il ne manqua pas de miracles célestes pour manifester sa vraie gloire. En effet, on commença d’entendre, dans le silence de la nuit, le chant d’une psalmodie auprès du corps de ce même roi et Martyr, qui fut véritablement roi parce qu’il fut aussi Martyr ».

Recommandation spirituelle de la semaine

Le premier des Sacrements, autour duquel gravitent tous les autres, se confectionne au cours du Sacrifice de la Messe dans l’oblation PURE.


Samedi 21 mars 2026
de la quatrième semaine de Carême
3e classe
Temps du Carême

La Passion de Jésus :


SUIVRE LE CHEMIN DE LA CROIX


VOIR : Chemin de la Croix.


Pour préparer le grand deuil de l’Église et le Temps de la Passion : méditons le Chemin de la Croix.


Une Station par jour (sauf les dimanches).


En ce samedi de Carême avant la Passion :


III - TROISIÈME STATION :


Jésus tombe pour la première fois.


voir ci-dessous en cliquant ici : 3e station - Jésus tombe pour la première fois. #1899


(Prières avant chaque station) : voir : Prières de début. #1897-1


voir Le Martyrologe #90-4




Oraison - collecte
Nous Vous en supplions, Seigneur, que le sentiment de notre dévotion devienne fructueux par Votre grâce ; parce que les jeûnes que nous avons entrepris nous seront utiles lorsqu’ils seront agréables à Votre bonté. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire de saint Benoît, abbé :


Que l’intercession du bienheureux Abbé Benoît nous recommande, s’il Vous plaît, auprès de Vous, Seigneur, afin que nous obtenions, par son patronnage, ce que nous ne pouvons attendre de nos mérites. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Dieu suscite à chaque tournant de l’histoire quelques grandes figures de Saints afin d’assurer à son Église l’emprise surnaturelle qu’elle doit exercer, en vertu de sa mission divine, sur les âmes.

L’empire romain venait de s’effondrer et les Barbares avaient envahi l’Europe entière. Alors paraît saint Benoît, le chef des moines d’Occident.


Il naît à Norcia (Ombrie) en 480, est envoyé à Rome pour faire ses études ; mais, ayant déjà la sagesse d’un vieillard, dit saint Grégoire, il fuit le monde pour la solitude de Subiaco. Après trois années passées dans une grotte, il attire à lui les foules par ses vertus.

Les grandes familles de Rome lui envoient leurs enfants et bientôt il fonde, dans les montagnes, douze monastères, « écoles du service du Seigneur » où, sous la direction d’un abbé, les moines apprennent, par l’exercice de la prière publique, de l’oraison privée et du travail, à se dépouiller d’eux-mêmes pour se remplir de Dieu.

Saint Benoît dit dans sa Sainte Règle d’examiner les novices s’ils « sont pleins de sollicitude pour l’œuvre de Dieu, pour l’obéissance et pour les opprobres ».

Comme « l’oisiveté est ennemie de l’âme », le saint Législateur, ajoutant l’exemple à ses paroles, montra à ses disciples comment ils devaient défricher la terre et les cœurs. Joignant le travail manuel « à une prédication incessante faite aux populations païennes du Mont-Cassin », il légua à ses fils la devise monastique : « Ora et labora » : prie et travaille.


Quarante jours après la mort de sa sœur sainte Scholastique, saint Benoît, au pied de l’autel, où il venait de participer par la Communion au sacrifice de la Messe et du Calvaire et soutenu par ses disciples qui l’entouraient, rendit à Dieu son âme transfigurée par soixante-trois années d’austère pénitence et de fidélité à la loi divine qu’il portait dans son cœur. C’était en 543.


Comme Moïse au Sinaï, saint Benoît au Mont-Cassin fut le Législateur de son peuple et Dieu établit sur sa maison ce serviteur prudent. Sa « Sainte Règle », comme l’appelaient les Conciles, « inspirée par le même Esprit qui a dicté les Saints Canons », a sanctifié des milliers d’âmes qui, notamment durant les six siècles où seul l’Ordre de Saint Benoît existait en Europe, quittaient tout, à l’exemple du glorieux Patriarche d’Occident, « pour s’enrôler dans la milice du Christ », sous l’observance bénédictine.

Le premier de ses préceptes est de ne rien préférer au culte liturgique où l’adoration trouve sa plus parfaite expression. Saint Benoît est appelé le Docteur de l’humilité. Il fut prophète, thaumaturge et « rempli de l’esprit de tous les justes », nous dit saint Grégoire.


Il compte parmi ses fils plus de vingt Papes, ainsi qu’un nombre considérable d’Évêques, de Docteurs, d’Apôtres, de Savants et d’Éducateurs qui ont bien mérité de l’humanité et de l’Église. Il coopéra donc puissamment par sa vie à l’œuvre de la Rédemption, et son glorieux trépas en a fait un patron de la bonne mort.


« Gardons notre vie en toute pureté afin d’expier et de corriger en ces saints jours du Carême toutes les négligences des autres temps ».


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Combattez à outrance le démon et ne lui laissez aucune entrée en votre âme.

Méditation du jour
La loi du renoncement  suite

|Qui sommes-nous ?| Effectuer un don| Contacts| |