N° 1328
Après notre pèlerinage à La Salette

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Étant donné le caractère particulièrement remarquable du site de l’Apparition de la Sainte Vierge à La Salette (il faut bien admettre que Notre-Dame a bon goût), il se trouve toujours des personnes, à qui j’en parle, pour me demander chaque fois au retour : « Avez-vous eu beau temps ? ».

Voilà la préoccupation essentielle ! Sans doute est-ce là un élément qui, à sa place, n’est pas à négliger. Mais peut-on encore comprendre aujourd’hui que l’importance, la « réussite » d’un pèlerinage ne réside pas dans cette presque unique condition ? Il est vrai que nous sommes tellement malheureux d’être sur notre Côte-d’Azur avec du soleil qui donne envie à tant de populations diverses, riches à dépenser des sommes colossales de (pétro-) dollars ou de roubles, ou d’affamés de notre confort matériel et climatique. Nous sommes de plus en plus arabisés… par l’amour du soleil au point de lui redonner sa déité, sa religion, ses rites (voyez les plages…) comme du temps des égyptiens : Râ ! (Rê pour les modernes « puristes »).

« Avez-vous eu beau temps ? »

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Un pharaon (à gauche) adore le dieu soleil Râ.
Un pharaon (à gauche) adore le dieu soleil Râ.
Eh bien ! oui, nous avons eu très beau temps !

D’abord parce qu’il faut se décider à admettre que le temps est celui que le Bon Dieu nous donne, et qu’il est donc forcément bon et beau, reflétant le vrai Dieu en quelque manière. Si le temps nous paraît maussade, c’est peut-être que Dieu a quelque désir de nous faire comprendre Son déplaisir à notre égard. Il y a là, comme tout autour de nous dans la nature, des signes du Ciel que nous ne savons plus lire et encore moins interpréter.

Nous avons eu un très beau temps, parce qu’il était tout particulièrement adapté à notre grand Chemin de la Croix que nous faisons chaque année. Temps couvert d’abord, petite bruine, quelques portions de ciel bleu et même quelques rayons de soleil pour l’une ou l’autre des premières stations pour nous encourager et défier les Râ-leurs…

Ensuite, dans cette ascension vers le sommet du Golgotha, vers nos 1.800 mètres d’altitude, la bruine revenant et refroidissant nettement, c’était tout à l’image de nos temps calamiteux, de nos âmes désolées, abandonnées à elles-mêmes. Mais c’était très consolant dans ce contexte de la Montagne sanctifiée par l’Apparition et les larmes de notre Mère du Ciel.

Témoignages sur un de ces aspects

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« Comme le temps de samedi dernier était beau, plein de mystère et de lumière !

« Quelle consolation pour celui, catholique et attaché à la perception des vérités éternelles, qui voyait sous ses yeux, qui ressentait dans sa chair, qui ressentait autour de lui, la Sainte Montagne traversée par le déchaînement des froideurs et des désolations du temps présent. C’était comme si la Sainte Vierge voulait nous faire ressentir charnellement que les temps présents sont des temps mauvais et la réaction simple et modeste, mais jubilatoire car détachée de tout, qu’il convient d’avoir face aux calamités qui nous glacent.

« Elle semblait nous dire : “Voici le spectacle réel de l’Église et du monde. Ne sortez pas de cette impression forte que je vous donne à ressentir. Respirez pleinement cette froidure, ce souffle de l’Esprit qui vivifie et fortifie vos âmes affaiblies. Ayez confiance, petit troupeau, je suis près de vous, je suis avec vous, je chemine à vos côtés. J’ai sanctifié chacun des pas que vous faites sur cette Montagne, après moi. Ne perdez pas confiance. Le voile se déchirera et vous pourrez bientôt contempler la Majesté du Visage de mon Fils.” »

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La réalité profonde : l’orage menace…
La réalité profonde : l’orage menace…
Et cette réflexion, d’un autre pèlerin, tout aussi consolante : « Merci Monsieur l’Abbé pour ce pèlerinage très riche, ce temps maussade lui a donné une dimen-sion particulière et pour ma part, entre autres choses, cela m’a permis de mesurer ce qu’est l’entropie dont vous parlez. »

Voilà donc pour le temps bien compris. Mais, encore une fois, chacun voit, chacun reçoit, chacun com-prends selon sa manière et selon sa mesure : quidquid recipitur ad modum recipientis recipitur… tout ce qui est reçu, est reçu selon la manière de celui qui reçoit.

Alors, même si le temps a son importance il faut qu’il soit à sa place : non pas un faux dieu, mais une manifestation du vrai Dieu, un langage aussi venant de Lui, des signes variés pour les uns ou les autres… Une réalité invisible à beaucoup.

Ce qu’écrit une Carmélite de 23 ans

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« Mon âme, écrivait sainte Thérèse à sa Prieure, Mère Marie de Gonzague, a connu bien des genres d’épreuves ; j’ai beaucoup souffert ici-bas ! Dans mon enfance, je souffrais avec tristesse ; aujourd’hui, c’est dans la paix et la joie que je savoure tous les fruits les plus amers. Pour ne pas sourire en lisant ces pages, il faut, je l’avoue, que vous me connaissiez à fond, ma Mère chérie ; car est-il une âme apparemment moins éprouvée que la mienne ? Ah ! si le martyre que je souffre depuis un an apparaissait aux regards, quel étonnement ! »

Notes tirées du sermon

Il faut un vrai théologien, même modeste, pour nous parler de la spiritualité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus sans tomber dans la si justement décriée « bondieuserie », à l’eau de rose, sous prétexte que notre grande Sainte a parlé de jeter des pétales de cette fleur mystique odorante et pleine d’épines…

De plus un dominicain aura cet équilibre si nécessaire comme saint Thomas l’a enseigné et comme ses fils authentiques peuvent en rendre compte.

L’ouvrage La Vie intégrale de sainte Thérèse de Lisieux, écrit en 1925, a deux parties qui disent l’essentiel dans leur titre : Vie ascétique et mystique, avec Les quatre caractères négatifs ; puis Héroïsme et sainteté, avec Les trois Antinomies positives. Ce qu’il y a à remarquer ici c’est la dernière partie qui est l’aboutissement de cette spiritualité : La joie intime dans la souffrance. Le Don de l’Amour. On comprend d’emblée que l’Amour dont il s’agit est bien loin de nos amours terrestres… C’est qu’il se fonde absolument sur le martyre du corps, sur celui du cœur et enfin sur le martyre de l’âme. Tout l’opposé de la vie et de l’esprit du monde !

« De toutes les contrariétés ou antinomies que nous avons constatées dans la vie spirituelle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, la plus flagrante comme aussi la plus mystérieuse est celle de la joie dans la souffrance. Comment peut-on se réjouir dans les tribulations ? Est-ce possible et quel mystère ? Jésus, dès le discours sur la montagne, a proclamé la béatitude de ceux qui souffrent et qui pleurent. L’apôtre saint Paul a érigé en principe de vie cette maxime : se réjouir dans ses infirmités. Et combien de Saints et de disciples de Jésus ont depuis lors extrait leur joie la plus intime de leurs épreuves les plus crucifiantes. Néanmoins, entre tous les Bienheureux et les Saints, il nous semble que Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus s’est particulièrement distinguée par sa résolution formelle de supporter toutes sortes d’épreuves et de martyres avec le sourire. » Une jeune fille en exemple.

Recommandation spirituelle de la semaine

Nous fêterons deux fois sainte Thérèse : apprenons à la connaître, à la mieux comprendre, c’est une patronne seconde de la France, c’est une sainte pour notre temps !


Samedi 24 juin 2017
NATIVITÉ DE S. JEAN-BAPTISTE

précurseur du Messie
1re classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Ô Dieu, qui nous avez rendu ce jour vénérable par la Nativité du bienheureux Jean, accordez à Votre peuple la grâce des joies spirituelles, et dirigez les âmes de tous les fidèles dans la voie du salut éternel. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
« Prophète du Très-Haut », saint Jean est figuré par Isaïe et Jérémie ; mieux qu’eux encore, il fut consacré dès le sein de sa mère pour annoncer Jésus et préparer les âmes à Sa venue.

L’Évangile nous retrace les prodiges qui marquèrent sa naissance. Zacharie impose à son enfant le nom que saint Gabriel lui a apporté du Ciel et qui signifie : Le Seigneur a fait grâce. Il recouvre aussitôt la voix et, rempli de l’Esprit-Saint, il prédit les grandeurs de son fils : « Il ira devant la face du Seigneur pour donner au peuple la connaissance du salut ».


L’Ange Gabriel avait annoncé à Zacharie que « beaucoup se réjouiraient de la naissance de saint Jean-Baptiste ». Ce ne furent pas seulement, en effet, « les voisins et les parents d’Élisabeth », qui fêtèrent cet événement, mais chaque année, au jour de l’anniversaire, l’Église toute entière convie ses enfants à partager cette sainte joie. Elle sait que la nativité « de ce Prophète du Très-Haut » en cette Noël d’été est intimement liée à l’avènement du Messie.


À partir de la fête de la Nativité de saint Jean, les jours décroissent, car le soleil ayant atteint le point culminant de sa course annuelle, se remet à descendre. Au contraire, la fête de la Nativité du Sauveur, dont celle-ci est le prélude, marque l’époque où le soleil recommence à monter sur son orbite.

Le Précurseur doit s’effacer devant Jésus qui est la vraie lumière des âmes. « Il faut qu’il croisse, dit saint Jean, et que je diminue ». Les solstices étaient l’occasion de fêtes païennes où l’on allumait des feux pour honorer l’astre qui nous donne la lumière. L’Église christianisa ces rites en y voyant un symbole de saint Jean qui était « une lampe ardente et brillante ». Aussi « encouragea-t-elle ce genre de manifestation qui correspondait si bien au caractère de la fête. Les feux de la Saint-Jean complétaient heureusement la solennité liturgique ; ils montraient unies dans une même pensée l’Église et la cité terrestre » (Dom Guéranger).


Le nom du Précurseur est inscrit au Canon de la Messe en tête de la 2e liste. On célébrait autrefois, au jour de sa fête, trois messes en son honneur, et nombreuses étaient les églises qui lui étaient dédiées. Les parents aimaient de même à donner son nom à leurs enfants. Paul diacre, moine du Mont-Cassin et ami de Charlemagne, avait composé en l’honneur de saint Jean-Baptiste l’hymne : « Ut queant laxis ».


Au XIIIe siècle, le moine bénédictin Guy d’Arezzo remarqua que les notes chantées sur les syllabes initiales formaient la série des six premiers degrés de la gamme. Il désigna chaque degré par la syllabe correspondante : (Ut, ré, mi, fa, sol, la, si) et facilita beaucoup par là l’étude des intervalles musicaux.

Ut queant laxis (do)

resonare fibris. (ré)

Mira gestorum (mi)

famuli tuorum. (fa)

Solve polluti (sol)

labii reatum. (la)

Sancte Johannes. (si)

« Afin que vos serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de vos œuvres, purifiez leurs lèvres souillées, ô saint Jean ».

Zacharie, faisant savoir qu’il voulait appeler son fils Jean, avait aussitôt retrouvé l’usage de la parole ; et voici qu’une hymne composée en l’honneur du Prophète dont la voix retentit au désert, devient l’instrument d’un nouveau progrès dans l’art musical.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Remerciez Dieu souvent des grâces de choix dont Il vous a prévenu dès votre apparition dans ce monde.

Méditation du jour
Le Précurseur reconnaissant le Sauveur du monde  suite

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