N° 1287
TEMPS DE L’AVENT

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Dans notre chapelle du prieuré La Croix Saint-Joseph, on aura remarqué que la crèche, en nacre si finement ciselée, placée en permanence dans le mur du chœur côté Évangile, est voilée de violet. Certes, cela évoque le Temps de la Passion pendant lequel la Liturgie de l’Église fait voiler de violet les crucifix, les statues et les tableaux des églises pour marquer le grand deuil de l’Église. Il n’en est pas de même ici, même si autrefois on appelait ce Temps de l’Avent le « Carême de Noël ». Ce n’est donc pas une règle liturgique qui est appliquée, mais un simple moyen pratique quoique symbolique aussi : cette crèche, encastrée dans le mur, est inamovible. Aussi est-ce une manière de la faire disparaître aux yeux des fidèles pendant le Temps de l’Avent, et de mieux attirer leur attention ensuite, qu’elle est cachée par la couleur du temps liturgique. Comme il est moins commode de voiler la fresque de l’Épiphanie de Fra Angelico, celle-ci reste donc visible sur le mur opposé…

TEMPS DE L’ATTENTE DE LA NATIVITÉ

Nous sommes dans ce temps général de l’attente de la venue du Sauveur. Bien sûr, il ne s’agit pas de celle annoncée matériellement par les Prophètes puisqu’elle a déjà eu lieu il y a 2007 ans. Il s’agit de sa venue liturgique (en suivant notre calendrier et les cérémonies de l’Église). Il s’agit de la venue du Sauveur dans nos âmes (et cela peut se produire chaque jour si nous communions aux saintes Espèces sacramentelles). Et puis il y a la venue eschatologique, c’est-à-dire à la fin des temps, pour le Jugement dernier. Trois naissances, attente de trois nativités : anniversaire de la naissance historique, naissance dans nos âmes, naissance dans l’Éternité.

Cette attente fut tout à la fois pour Notre-Dame fort concrète et surnaturelle. Une fête de « l’attente des couches de Notre-Dame » remonte au moins à l’an 654, le concile de Tolède l’établissant au 18 décembre. Un peu plus tard, S. Ildefonse, évêque de Tolède, confirmant cette fête, ordonne qu’elle serait appelée l’Attente de l’accouchement de Notre-Dame, parce qu’elle devait se faire huit jours avant son adorable enfantement, acquérant ainsi le nom populaire de « Notre-Dame de l’O » parce que ce jour-là commençaient les Grandes Antiennes «O» à Magnificat (indiquées dans notre calendrier liturgique). Le nombre de ces antiennes ayant varié selon les temps et les Églises locales (de sept jusqu’à douze) explique l’actuel décalage.

L’attente de la parturition est bien l’image terrestre de ces réalités naturelles et surnaturelles. Aussi, ayant dans l’entourage de notre chapelle, et parmi des fidèles ou amis plus lointains, des promesses de nativités, j’encourage ces futures mamans à mieux pénétrer le mystère de ce Temps de l’Avent, à méditer sur la grandeur de leur situation en union avec Notre-Dame, dans l’attente de toute l’Église, et à prier par exemple en utilisant cette prière :

PRIÈRE D’UNE FEMME ENCEINTE

« Vous êtes l’Auteur de la vie, Seigneur, le Père de toutes les créatures, soyez-le aussi de l’enfant que Vous avez formé en moi; qu’il puisse naître dans le sein de l’Église, croître et s’y fortifier !

« Sainte Vierge Marie, qui avez porté pendant neuf mois le Rédempteur du monde, j’honore les dispositions de votre cœur pendant ce temps; j’unis les miennes aux vôtres, j’entre dans votre foi, je m’associe à votre amour, à vos espérances et à vos prières. Obtenez-moi de votre divin Fils, par votre intercession, la grâce d’élever chrétiennement mon enfant, et de former en lui par mes exemples et mes prières, l’image de Celui à qui nous devons être ressemblants, si nous voulons participer à Sa gloire. Venez me visiter, ô sainte Mère de Dieu ! afin que vous bénissiez le fruit que je porte. Ne permettez pas que par aucune imprudence ou par aucun péché je dépose un germe de maladie dans le corps de cet enfant, ou le germe du vice dans son âme.

« Je Vous l’offre, Seigneur, je Vous le consacre tout entier, car il est bien plus à Vous qu’à moi. Je ne demande qu’une chose, c’est qu’il Vous aime et Vous serve fidèlement, qu’il vive et meure dans Votre grâce, et qu’il jouisse éternellement de Votre gloire avec nous. Ainsi soit-il ! » (Approbations épiscopales de Clermont et d’Ajaccio, 1847).

JEÛNE et ABSTINENCE

Pour la vigile de Noël (le 24), le jeûne et l’abstinence peuvent être anticipés à la veille de la vigile (le 23). Les lois ont été modifiées par l’Église à différentes reprises avec certaines faveurs pour la France. En 1957, la grâce avait été accordée à la France d’anticiper au 23 (ou 22 si dimanche) à la place du 24 décembre. Par décret du 3 décembre 1959, la France a été replacée sous le régime normal. En conséquence, pour cette année : jeûne et abstinence le lundi 24, vigile de Noël.

Pour nous aider à méditer

« Un roseau agité par le vent ». Ceux-là sont agités du vent « qui sont élevés par la faveur ou précipités par la disgrâce, » dit saint Grégoire. Cela est vrai surtout des prédicateurs [qui sont les Prophètes et les saint Jean-Baptiste du Nouveau Testament]. (S. François de Sales, Sermons, LXXXI).

Notes tirées du sermon

« Gaudete, réjouissez-vous ! » Certes, puisque l’Église nous le demande dès l’Introït avec saint Paul. Et en effet, la couleur liturgique des ornements peut être rose. C’est que nous sommes des Catholiques ; modestes, et que de surcroît, « (notre) modestie (doit) être connue de tous » (Phil., IV, 5). Cette modestie, d’ailleurs, nous fait comprendre que nous sommes bien petits et misérables, ce qui fait que l’Église nous fait demander à Dieu dans la Collecte : « Nous Vous en supplions, Seigneur, tendez Votre oreille à nos prières, et éclairez les ténèbres de notre esprit par la grâce de Votre visite ».


Les « ténèbres de notre esprit », c’est sans doute nos faiblesses, c’est aussi notre milieu ambiant, peut-être même notre éducation. C’est pourquoi le rose n’est qu’un tempérament du violet qui demeure la couleur liturgique de ce troisième dimanche de l’Avent. Il y a aussi ces « prêtres et (ces) lévites envoyés par les Juifs de Jérusalem », ce qu’il y a de plus officiel…, envoyés à saint Jean-Baptiste, ce prédicateur hors normes… Mais leurs questions apparemment fondamentales et pleines de bon sens, en fait sont captieuses, pour la bonne raison que ces envoyés officiels « étaient du nombre des pharisiens » (Jn I, 24). Ce n’était donc pas l’Esprit de Dieu qui les dirigeait. On sait d’ailleurs comment cela finira pour ce Précurseur, comme pour Notre Seigneur et pour tant d’autres.


« Que disent les hommes ? » avait demandé Jésus à propos du Précurseur. Les réponses étaient sottes quoique prétendument savantes. « Que disent les hommes ? », voilà ce que nous demandons tous à propos des prédicateurs, dit S. François de Sales, voilà ce qui nous préoccupe tant, pourquoi leur vie est-elle du vent (de la faveur ou de la disgrâce) ? C’est qu’on ne voit que les caractères de leurs tempéraments, alors que « s’ils mollissent, ils perdent la stabilité » suivant ce qu’en décrit S. Jean Chrysostôme.

Recommandation spirituelle de la semaine

Soyons fermes selon ce que la raison éclairée nous enseigne : « Nous ne nous servons pas de la raison que Dieu nous a donnée, laquelle raison nous rend immuables, fermes et solides, et partant semblables à Dieu. » (S. François de Sales)


Jeudi 21 novembre 2019
Présentation de la Sainte Vierge
3e classe
Temps après la Pentecôte


On lit en ce jour au Martyrologe romain :

« À Reims, en France, S. Albert,

évêque de Liège et martyr,

mis à mort pour la défense

de la liberté de l’Église. »

Sa fête se célèbre le 27 novembre en Belgique.


voir Le Martyrologe #90-4




Oraison - collecte
Ô Dieu, qui avez voulu qu’en ce jour la Bienheureuse Marie toujours Vierge, en qui résidait l’Esprit Saint, Vous fût présentée au Temple ; faites que, grâce à son intercession, nous méritions de Vous être présentés dans le temple de Votre Gloire. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Après avoir célébré le 8 septembre la Nativité de la Sainte Vierge, et quatre jours plus tard la fête du Saint Nom de Marie qui lui fut imposé peu après sa naissance, le Cycle liturgique célèbre en ce jour la Présentation au Temple de cette enfant de bénédiction.


Ces trois premières fêtes du Cycle Marial sont un écho du Cycle Christologique qui célèbre de même la fête de la naissance de Jésus le 25 décembre, l’imposition de Son Saint Nom le 2 janvier, et Sa Présentation au Temple le 2 février.


La fête de la Présentation de Marie repose sur une pieuse tradition qui tire son origine de deux évangiles apocryphes dans lesquels il est rapporté que la Sainte Vierge, fut présentée au Temple de Jérusalem à l’âge de trois ans et qu’elle y vécut avec d’autres jeunes filles et les saintes femmes qui les dirigeaient.


Dès le VIe siècle on commémore ce fait en Orient, et l’empereur byzantin Michel Comnène en parle dans une constitution en 1166. Un gentilhomme français, nommé Philippe de Maizières, attaché à la cour du roi de Chypre en qualité de chancelier ayant été envoyé en 1372 comme ambassadeur auprès du pape Grégoire XI, à Avignon, lui raconta avec quelle magnificence on célébrait cette fête en Grèce, le 21 novembre. Sa Sainteté l’introduisit alors à Avignon, et Sixte V la rendit obligatoire dans l’Église romaine en 1585. Clément VIII éleva cette fête au rang de double majeur et en remania l’Office.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Que votre personne, que votre vie, qui appartiennent au Seigneur, Lui soient entièrement consacrées.

Méditation du jour
Présentation de la Très Sainte Vierge  suite

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