N° 1367
Le trop-plein d’un mien confrère

C’est un saint anniversaire (de sacerdoce) pour ce confrère et moi-même (et d’autres bien sûr) que cette fête de saint Pierre et saint Paul. Les années passent et se ressemblent d’une certaine façon : les joies sacerdotales, incommensurables comme les grâces dont elles découlent, et les peines également sacerdotales dont il existe de nombreuses variétés guère moins imposantes…

Les nombreux combats qu’il nous faut mener sont, comme pour tout le monde, quelque peu lassants sinon décourageants à la longue. Le monde dans lequel nous vivons, plus apostat que jamais, avec des restes de catholicité de plus en plus difficiles à reconnaître, sont autant d’occasions d’épreuves qu’il nous faut bien surmonter avec, heureusement, la grâce divine. Les appels à la Sagesse, les rappels de la doctrine assurée de l’Église, les silences même qui voudraient tant être éloquents, n’y font rien. Alors ce mien confrère nous livre, après plus de trente ans de sacerdoce, une petite réaction fort mesurée mais si parfaitement juste qu’il nous faut la méditer en nos temps d’épreuve :

1443

ENVIE DE HURLER

« Le récent voyage de Benoît XVI en Terre-Sainte et au Proche-Orient a livré son habituel contingent de « gestes médiatiques » qu’en temps de chrétienté on nommait de leur juste nom : saveurs d’apostasie, équivoques blasphématoires ou scandales des pauvres enfants du Bon Dieu qui en perdent la foi. Prêcher la paix en taisant Jésus-Christ n’est pas seulement tragiquement inefficace (et même efficace à l’envers), c’est aussi dénier à notre Sauveur son titre de Prince de la Paix, c’est encore tromper les hommes sur la nature de la vraie paix – celle que le monde ne peut pas donner.

« Mais ce qui donne le plus l’envie de hurler, c’est le silence gêné ou l’admiration béate dans lesquels se complaisent ceux qui se réclament du nom de « traditionaliste » ; chaque sortie de Benoît XVI les confortent et les enfoncent dans leurs erreurs : erreurs sur l’Autorité et le Magistère pour les uns, erreurs sur l’unité de l’Église et la nécessité de la foi pour les autres ; erreurs fondamentales dans tous les cas. C’est ainsi que peu à peu le sens de l’Église décline et que l’esprit mondain s’incruste.

« Tout cela est bien dramatique parce que nous sommes à l’évidence entrés dans un maelström de décatholicisation profonde des intelligences et des cœurs, et que ceux qui ne s’en éloignent pas totalement se laisseront entraîner, malgré qu’ils en aient. »

(Abbé Hervé Belmont, Notre-Dame de la Sainte-Espérance, N° 233 daté (par erreur) de juin 2008, pour 2009).

Voilà bien l’explication des défections qui se multiplient, années après années, dans les familles naguère si catholiquement résistantes !


LES MEMBRES DU CORPS MYSTIQUE :

« Nous ne saurions non plus passer sous silence les pères et mères de famille à qui notre Sauveur a confié les membres les plus tendres de Son Corps mystique ; Nous les pressons instamment pour l’amour du Christ et de l’Église de veiller avec le soin le plus diligent sur les enfants qui leur sont remis en dépôt, et de les mettre en garde contre les embûches de tout genre dans lesquelles il est aujourd’hui si facile de tomber. » (Pie XII, Mystici Corporis, L’Église Corps mystique, Lettre encyclique du 29 juin 1943).

N° 1367
Comment aborder les sujets immoraux ?

1444

Pour ceux qui ont quelques racines, un peu d’éducation, et le sens du bien et du mal pas trop gauchis, la vie des animaux qui nous entourent est de plus en plus ahurissante. Dieu merci, il y a encore quelques belles âmes qui en sont troublées au point de vouloir réagir pour tenter d’aider celles de prochains qui sont manifestement en perdition. Et puis les maux actuels, de la vie réelle de tous les jours, sont bien ceux auxquels il faut faire face.

La jeune génération est très généralement écrasée par toute une gigantesque publicité faite prétendument « pour la protéger » : véritable intoxication qui la rend sensible aux faux arguments et acteur de la pantalonnade. On lui forme ainsi une conscience morale faussée, sur de bonnes intentions et de vrais problèmes aussi mal posés que possible. Aussi la solution est-elle quasiment impossible. Pour décortiquer une telle situation, il faut une analyse précise, une philosophie (mode d’emploi de l’intelligence) sereine mais solide qui ne peut que se fonder sur l’ordre naturel —la nature telle qu’elle « fonctionne »— évidemment sous-tendu par l’ordre surnaturel, c’est-à-dire ce que Dieu a voulu et fait dans la Création qui toute dépend de Lui. Les solutions imposées par l’école, les médias et même par la loi, sont, dans leur triste objectivité, folles, c’est-à-dire en-dehors de toute raison, de tout bon sens, et bien sûr de toute morale. Pourtant, certains arrivent encore à en observer la perversité sans toujours bien en saisir les fondements.

L’ARGUMENTAIRE CLAIR DES FAUSSAIRES

Il m’est mandé par exemple : « [Les mauvais médecins, les mauvais maîtres, les mauvais pasteurs] : Leur argumentaire est clair : préserver des milliers de vies du sida passe loin, loin devant “nos” considérations “rétrogrades” qui ne leur semblent (à leurs yeux…) n’avoir qu’un vague fondement moral. Vous allez peut-être penser ici que je me fais l’avocat du diable, mais je tiens à affirmer qu’il s’agit ici d’un débat à côté duquel nous n’avons pas le droit de passer outre ! J’avoue avoir un argumentaire insuffisant face au monde qui nous environne et ne pas être le seul… ». C’est en effet un drame : les mauvaises solutions sont imposées au nom d’un « argumentaire clair », c’est-à-dire des apparences de vérité dites « incontournables »…

(à suivre…)

Pour nous aider à méditer

Les philosophes anciens ont reconnu qu’il y avait deux sortes d’extases, dont l’une nous portait au-dessus de nous-mêmes : comme s’ils eussent voulu dire que l’homme était d’une nature moyenne entre les Anges et les bêtes, participant de la nature angélique en sa partie intellectuelle et de la nature bestiale en sa partie sensitive ; et que néanmoins il pouvait, par l’exercice de sa vie et par un continuel soin de soi-même, s’ôter et déloger de cette moyenne condition (…) ». (S. François de Sales, Traité de l’Amour de Dieu, Livre I, ch. X).

Notes tirées du sermon

Saint Ambroise, docteur de l’Église, nous explique que « La barque de Pierre est représentée par saint Matthieu battue des flots et par saint Luc remplie de poissons, ce qui nous dépeint les fluctuations de l’Église à son berceau, et sa prodigieuse fécondité par la suite ». Il ajoute que : « Elle ne court aucun danger, la barque qui porte la Sagesse et qui vogue au souffle de la Foi ».


L’Histoire de l’Église nous montre malgré tout que ce n’est pas seulement au berceau mais tout au long de son existence terrestre que l’Église est soumise à de terribles fluctuations. La raison nous en est donnée : la barque doit « porter la Sagesse » et voguer « au souffle de la Foi ». Nous savons hélas ce qu’il en est trop souvent de la faiblesse des hommes, même d’Église. D’ailleurs le Saint évêque de Milan ajoute : « Le péril se rencontre où il y a peu de Foi ». Comment ne pas voir à travers deux millénaires combien s’est vérifiée cette vérité avec ces hauts et ces bas de la Chrétienté plus ou moins fidèle, sanctionnée par Dieu à travers les événements favorables, miraculeux, ou… désastreux ?


Quant à saint Grégoire : « Que figure la mer, sinon le siècle présent où les vicissitudes et les agitations de cette vie corruptibles ressemblent à des flots qui sans cesse s’entrechoquent et se brisent ? Que représente la terre ferme du rivage, sinon la perpétuité du repos éternel ? Parce que les Disciples se trouvaient encore parmi les flots de cette vie mortelle, ils travaillaient sur mer. Et comme notre Rédempteur avait dépouillé la corruptibilité de la chair, Il Se tenait, après Sa Résurrection, sur le rivage ».


L’Église, ce sont certes les fidèles de la terre, mais dans ce sens, tous ces gens d’Église, clergé ou fidèles, sont bien faibles… L’Église immaculée, l’Épouse du Christ ne se réduit évidemment pas à tant de faiblesse. Pour avoir le « sens de l’Église », encore faut-il en avoir une vraie et parfaite notion.

Recommandation spirituelle de la semaine

« Que tous se souviennent que leur souffrance n’est point vaine, mais qu’elle leur sera très avantageuse à eux-mêmes et à l’Église si, les regards tournés vers le but, ils la supportent avec patience ». (Pie XII, Mystici Corporis, L’Église Corps mystique, Lettre encyclique du 29 juin 1943).


Vendredi 15 novembre 2019
S. Albert le Grand,

évêque, confesseur

et docteur de l’Église
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Ô Dieu, qui avez rendu grand le bienheureux Albert Votre Pontife et Docteur, par la subordination de la sagesse humaine à la Foi divine ; donnez-nous, nous Vous en supplions, que nous nous attachions aux traces de son magistère, pour jouir ainsi au Ciel de la lumière parfaite. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Saint Albert, Suève d’origine, fut, dès l’enfance très dévot à la bienheureuse Vierge Marie. Décidé à entrer dans l’Ordre des Prêcheurs, il se laissa gagner par les artifices du démon et il y avait renoncé quand le bienheureux Jourdain de Saxe réussit à le ramener définitivement à sa vocation.


Il étudia la philosophie à Cologne puis l’enseigna à Paris, où il devint un des maîtres les plus célèbres de l’université. Revenu à Cologne, il eut pour élève saint Thomas d’Aquin.


Urbain IV le nomma évêque de Ratisbonne. Il combattit les erreurs de Guillaume de Saint-Amour. Il mourut à Cologne en 1280. Pie XI le canonisa et le déclara en 1931 Docteur de l’Église universelle.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Il faut que tout nous élève à Dieu, que tout nous révèle Sa présence et Son amour : une fleur, un grain de sable, le bruit du jour, le repos de la nuit, tout en un mot.

Méditation du jour
L’action de saint Albert le Grand  suite

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