S. Paul, patriarche de Constantinople
7 juin

RÉSUMÉ :

Saint Paul était de Thessalonique. Prêtre de l’Église de Constantinople, il fut élu évêque en dépit des intrigues des Ariens, qui obtinrent son exil de l’empereur Constance, leur protecteur. Saint Paul se rend en Occident et rejoint saint Athanase à Rome. Le Pape saint Jules Ier, au synode de cette ville, ordonne que son siège lui soit restitué : il rentre en effet à Constantinople, s’y maintient quelque temps, mais en est de nouveau chassé par la colère de l’empereur.

Il fallut les menaces de Constant, empereur d’Occident, favorable aux Catholiques, pour assurer le second rétablissement de saint Paul dans son Église patriarcale. Malheureusement Constant meurt en 350 et la persécution reprend plus violente en Orient.

Saint Paul, banni malgré les efforts de son peuple, est chargé de fers, traîné à Singare, en Mésopotamie, puis à Émèse, en Syrie, de là plongé dans un cachot en une petite ville malsaine du mont Taurus. On l’y laissa six jours sans nourriture, et comme le septième il respirait encore, on l’étrangla le 7 juin 351.

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Saint Paul, natif de Thessalonique, était diacre de l’Église de Constantinople quand saint Alexandre, en mourant, le désigna pour son successeur (l’an 340), à cause de la pureté de ses mœurs et de sa doctrine. Ce choix fut ratifié par le plus grand nombre ; mais les ariens, bien qu’en minorité, présentèrent l’élection comme une cabale et parvinrent à faire nommer Eusèbe de Nicomédie. Saint Paul se réfugia à Trèves auprès de l’empereur Constant qui protégeait les Catholiques vraiment orthodoxes.

Eusèbe mort, les hérétiques le remplacèrent par Macédonius. Les esprits s’échauffèrent ; on en vint aux armes. Saint Paul, qui était revenu, fut arraché de l’église par les soldats, et le peuple, furieux de cet outrage, massacra leur général. Chassé de nouveau et rétabli, il finit par tomber victime de la rage des ariens. On usa de subterfuge pour l’enlever à l’affection que lui portaient les fidèles. Il fut conduit chargé de chaînes d’abord à Émèse, puis à Cucuse, en Cappadoce ; tandis qu’on répandait le bruit qu’il avait succombé de maladie, il périssait étranglé, au fond d’un cachot, par les mains du préfet d’Orient, Philippe. C’était l’an 351, saint Jules Ier étant pape et Constance II empereur.

VOICI UNE AUTRE GRANDE VIE DE

SAINT PAUL, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

« Les Fleurs de la Vie des Saints et des Fêtes de toute l’année,

recueillies par le R.P. Pierre Ribadeneira, de la Compagnie de Jésus »,

chez Jean Hénault, Paris - 1658.

Nous voulons attirer l’attention dans cette vie sur :

  • la manière dont les Saints sont traités ;

  • la persistance vraiment démoniaque dans la maltraitance par les hommes ;

  • ce que sont les ennemis de l’Église avec leur haine sous des apparences de piété…

  • la « tranche d’Histoire » de la grande crise de l’Arianisme au temps de saint Athanase et de notre saint Paul qui est aussi une figure de notre crise actuelle ;

  • le rôle du Pape qui confirme ou dépose les évêques de sa seule autorité ;

  • le fait que l’on ne se préoccupait pas de savoir si les évêques ariens étaient « valides » : n’étant pas reçus par Rome, en quelque façon ils n’avaient plus de raison d’être (sauf à se battre avec des moyens pas… catholiques pour s’imposer au peuple fidèle, éternelle victime, et au Pape lui-même qui doit exercer son Autorité).

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SAINT ALEXANDRE, PREMIER PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

Après que le grand saint Alexandre, premier Patriarche de Constantinople, eut obtenu par ses prières la vengeance de Dieu contre Arius, qui feignait d’être Catholique —de sorte qu’allant à ses nécessités naturelles, il rendit les entrailles, et l’âme aux démons— après dis-je, avoir valeureusement combattu les Ariens l’espace de vingt-trois ans qu’il tint le Siège patriarcal, il mourut le 28 août, l’an 340.

SA MORT

Il ne sacra pas véritablement d’Évêque qui lui succédât. Mais sur ce qu’on lui demanda quelle personne il désirait pour son successeur, il commanda qu’on fît élection de saint Paul, qu’il avait lui-même ordonné prêtre : leur remontrant qu’en effet il était jeune d’âge, mais que la maturité de ses mœurs suppléait à ce défaut ; et de plus, que tout ce qu’ils sauraient désirer d’un prélat, se rencontrait en sa personne, à savoir, la doctrine et l’éloquence, jointes avec une vertu rare et une probité singulière.

Cette élection excita un grand tumulte dans Constantinople, parce que le peuple y était divisé en deux partis ; des Catholiques, et des Ariens. Il est vrai que du vivant de saint Alexandre, les Catholiques étaient plus puissants, quelques efforts que fissent les Ariens au contraire : mais sa mort rendit ceux-ci plus fiers que devant ; et même voulurent aller de pair avec les Catholiques, qui néanmoins élurent et consacrèrent Évêque saint Paul dans l’Église de la Paix, qui était proche de la grande Église.

SAINT PAUL DÉPOSÉ DE SON SIÈGE ET EXILÉ

Mais l’Empereur Constance, qui était Arien, arrivant sur ces entrefaites à Constantinople, causa un grand trouble en l’Église, parce que favorisant ceux de sa secte, au préjudice des Catholiques, il assembla un conciliabule d’Évêques ariens, le fit déposer de son Siège et fut établi en sa place un Eusèbe de Nicomédie ; puis alla à Antioche.

Cependant saint Paul fut relégué dans le Pont, et de là en plusieurs autres divers lieux, selon les passions de ses ennemis ; comme nous l’apprend saint Athanase qui vivait de son temps, et comme nous verrons ci-après. Cette déposition et cet exil étaient capables de donner de l’affliction à tout autre qu’à saint Paul : mais par une résignation entière de toutes ses volontés à celle de Dieu, il retenait indifféremment les prospérités et les adversités de ce monde. Il faut aussi remarquer, que tout ce qui se passait contre lui, n’était pas pour aucune chose qui se trouvât le moins du monde contre la raison ; mais plutôt à la sollicitation de cet Eusèbe, esprit remuant et ambitieux, qui ne pouvait se contenir dans la modération, aspirant toujours à quelque plus haut degré de fortune. C’est ainsi même que le déclarent les Pères du Synode d’Alexandrie, tenu par les Évêques d’Egypte, et en l’Épître Synodale qu’ils adressèrent au Pape saint Jules Ier (devant lequel saint Athanase et les Eusébiens devaient comparaître, pour dire chacun leurs raisons, afin de terminer leur différend) et à tous les Évêques de l’Église Catholique. Saint Athanase le rapporte tout entière, sur le commencement de sa seconde Apologie.

Aussi cet Eusèbe n’en demeura pas là. Car sur ce que le Pape saint Jules Ier envoya des Légats à Constantinople, pour faire entendre le temps d’un Concile, qu’il faisait convoquer à Rome, afin de juger des accusations dont les Ariens tâchaient de noircir saint Athanase, il les retint si longtemps, qu’enfin la saison se passa, sous prétexte de la guerre des Perses, qui leur ôtait, disait-il, la liberté et la sécurité des chemins. Théodoret dit que ce qui les empêcha véritablement d’aller à Rome, était qu’ils avaient eu avis que leur malice et leurs mensonges étaient découverts. Là dessus il prit sujet de convoquer un Synode à Antioche, où l’Empereur était, et d’y appeler les autres Évêques, par l’autorité de l’Empereur, afin d’y dédier une Église, que l’Empereur Constantin avait commencé d’y faire bâtir ; ils s’y trouvèrent au nombre de 90 (quelques-uns disent 97, les autres 99), entre lesquels il y en avait 36 Ariens : où après avoir fait ce qu’il désirait contre saint Athanase, malgré les Évêques Catholiques qui n’y consentirent jamais, il envoya des Ambassadeurs au Pape pour le supplier d’être le Juge en la cause de saint Athanase. Mais Dieu ne lui fit pas la grâce d’en voir la décision et la fin, d’autant que peu après il mourut.

SAINT PAUL RÉTABLI EN SON SIÈGE

Là-dessus le peuple rétablit aussitôt saint Paul en son Siège : mais il n’en fut pas longtemps en paisible possession. Car les Ariens ayant élu de leur côté en même temps un certain Macédonius, il y eut de si grands troubles et des séditions si étranges, que plusieurs y perdirent la vie de part et d’autre.

L’Empereur Constance, qui était à Antioche, ayant été averti, commanda au Duc Hermogène, qu’il envoyait en Thrace, de se transporter jusqu’à Constantinople et d’apaiser la sédition, en chassant saint Paul hors de son Église. Mais il en arriva tout autrement qu’il ne pensait ; car ayant voulu user de force, le peuple au lieu de s’apaiser entra en telle furie, que sans considération de sa qualité, ils assiégèrent son logis, y entrèrent, mirent le feu dedans, et l’ayant lui-même tiré dehors, le massacrèrent. Néanmoins cette fureur populaire fut bientôt apaisée, parce que l’Empereur ayant appris ces nouvelles, s’y transporta diligemment, chassa lui-même saint Paul hors de la ville, l’envoyant en exil, et châtia le peuple par de gros impôts ; sans toutefois autoriser Macédonius, contre lequel il se fâcha grandement pour avoir été la cause de tout ce trouble, et de la perte de tant de personnes, et parce que son élection avait été faite sans son autorité ; après quoi, il s’en retourna à Antioche.

EST RÉTABLI EN SON SIÈGE PAR L’AUTORITÉ DU PAPE

Saint Paul n’était pas le seul Prélat affligé : mais aussi Asclépas Évêque de Gaza, Marcel d’Ancyre, et Luce d’Andrinople, qui tous furent aussi chassés de leurs Sièges, pour divers sujets. De sorte que s’étant trouvés à Rome ils se présentèrent au Pape saint Jules Ier, auquel ils firent entendre leurs plaintes et le tort qu’on leur faisait.

Sa Sainteté usant de la prérogative qu’elle a par dessus tous les autres Évêques, écrivit aux villes d’Orient, l’an 342, afin que chacun de ces Évêques fût remis en son Siège ; ce qui fut fait. Mais saint Paul ne fut pas plutôt à Constantinople, que l’Empereur Constance écrivit au Gouverneur qu’il avait en cette ville-là, nommé Philippe, et lui commanda de chasser encore saint Paul de son Siège, et d’y établir Macédonius en sa place.

EST ENCORE CHASSÉ DE SON SIÈGE ET BANNI

Ce Gouverneur plus avisé qu’Hermogène, craignant l’émotion du peuple, se servit d’une ruse, qui lui réussit comme il désirait, pour l’exécution de la volonté de l’Empereur. Il feignit vouloir donner ordre à quelques affaires de la ville, et fit venir saint Paul pour ce sujet au Bain public où il était. Là il lui fit entendre le commandement qu’il avait de l’Empereur, et incontinent, à cause que force peuple, qui se doutait de l’affaire, s’était assemblé en ce lieu-là, le fit passer par une ouverture sur le derrière, et le fit embarquer en un vaisseau qu’il avait exprès, avec ordre de s’en aller à Thessalonique, ville principale de Macédoine, qui était le pays natal du saint Prélat, avec défense de partir de là, sans jamais retourner au Levant.

Ainsi saint Paul fut subtilement chassé de son Siège, et de la ville, contre l’espérance et la créance d’un chacun. Après quoi, ce Gouverneur alla à l’église avec Macédonius en son carrosse, et l’y établit à main armée ; de sorte qu’il y eut encore un grand trouble à cette occasion. Socrate dit qu’il y en eut bien mille cent cinquante de tués pour ce coup là.

Voilà la façon de procéder des hérétiques. C’est ainsi que Macédonius s’empara du Siège de Constantinople sur saint Paul.

CONCILE DE SARDIQUE EN 347

Cependant saint Paul trouva moyen de sortir de Thessalonique et de s’en aller en Italie, sous ombre d’aller à Corinthe ; où saint Athanase se trouvant aussi, ils firent leurs plaintes tous deux à Constant, Empereur d’Occident, qui s’employa pour leur rétablissement envers l’Empereur Constance son frère, mais sans effet ; et fit convoquer, avec l’autorité du Pape saint Jules Ier, un Concile à Sardique, l’an 347, pour le même sujet en partie. Ce Concile était composé de trois cents Évêques de l’Occident, et de septante-six seulement de l’Orient : ceux-ci se tinrent à part, et ne voulurent pas se joindre avec les autres si Athanase et Paul n’étaient chassés de l’Assemblée ; ce qu’ils ne purent obtenir. Car il est vrai que saint Paul et saint Athanase assistaient à ce Concile : encore que saint Paul fût averti par le peuple de Constantinople qu’il ne s’y trouvât pas, parce que les Ariens lui voulaient jouer un mauvais parti, comme nous l’apprend Théodoret de Cyr.

Les Ariens donc furent condamnés par ces Prélats, et n’osèrent poursuivre l’accusation intentée contre ces deux grands personnages, saint Athanase et saint Paul. Puis les Décrets du Concile furent confirmés ; enfin ce mot de Consubstantiel éclairci et autorisé, contre l’erreur des Ariens.

Enfin le Concile envoya saint Vincent Évêque de Capoue et Euphrates Évêque de Cologne, en Ambassade vers l’Empereur Constance, pour lui faire entendre ce qui s’était passé au Concile. Ce que fit aussi Constant son frère, Empereur d’Occident, par une autre Ambassade, le suppliant tous de rétablir en leurs sièges saint Athanase, saint Paul, et les autres Évêques, qui en avaient été chassés.

SAINT PAUL REMIS EN SON SIÈGE

Mais l’Empereur Constance tirant cette affaire trop en longueur, son frère Constant l’envoya encore prier de les rétablir promptement, et que s’il ne le faisait, il irait lui-même le faire en personne, lui dénonçant la guerre en ce cas. Par ce moyen saint Paul fut honorablement reçu dans Constantinople, et les autres chacun en leur siège, par le commandement de l’Empereur Constance, intimidé des menaces de son frère, qu’il ne voulait pas désobliger jusqu’ à ce point d’avoir guerre contre lui pour cette seule considération.

FINALEMENT EN EST CHASSÉ, EXILÉ ET TUÉ

Mais comme Constance était l’homme le plus inconstant du monde, après la mort de son frère Constant qui arriva l’an 350, n’ayant plus rien à craindre, il se laissa si bien gagner par les Ariens, qu’il jeta encore une fois saint Paul hors de son Siège, et l’envoya en exil à Cucuse, petite ville de Cappadoce. Les Ariens, vrais esprits de division et de sang, non contents de le voir retiré solitaire en ce petit lieu, envoyèrent des gens cruels, ministres de leurs passions, qui l’étranglèrent en public le 7 juin, l’an de notre Seigneur 351, autorisés en cela par le Gouverneur Philippe, qui leur prêta main forte, pour exécuter leur mauvais dessein.

Il est vrai que ce grand Saint a souffert de furieuses bourrasques des Ariens, pour le soutien et la défense de la Foi Orthodoxe [c’est-à-dire, ici, Catholique], qu’il a été comme le jouet de leurs passions. Car il fut premièrement envoyé en exil dans le Pont ; d’où ayant été rappelé, l’Empereur l’envoya chargé de chaînes, dont on l’avait lié et garrotté, à Singre en Mésopotamie. Depuis, il fut encore exilé à Émèse, et enfin à Cucuse, petite ville d’Arménie, vers les déserts du mont Taurus, où il trouva la fin et le couronnement de ses travaux.

TÉMOIGNAGES DE L’HISTOIRE

Saint Athanase a eu cette curiosité de remarquer tous ses exils, comme nous les venons de déduire. Or le Cardinal Baronius remarque que le préfet, qui autorisa et procura même sa mort, ne fut pas longtemps sans ressentir la main vengeresse de la Justice Divine. D’autant que la même année, Dieu permit qu’il fût honteusement dépouillé de sa Préfecture, et exposé à la risée du peuple, de sorte que, privé de la compagnie des siens, il allait errant, vagabond, loin de son pays, comme un autre Caïn, toujours pleurant et tremblant, et finit ainsi malheureusement ses jours.

RÉPARATION PAR THÉODOSE

Trente ans après, l’Empereur Théodose Ier ayant appris tout ce qui s’était passé à l’endroit de saint Paul, pendant sa vie et depuis sa mort, fit transférer son corps d’Ancyre où il reposait, à Constantinople où il le reçut avec tous les honneurs possibles, et le mit avec grande révérence, dans l’église même que Macédonius son grand persécuteur avait fait bâtir, et que les Macédoniens avaient occupée, mais qui a toujours depuis porté le nom de saint Paul. C’est ce qui a donné sujet à plusieurs du commun peuple, de croire que c’était le corps de l’Apôtre saint Paul, l’ignorance de la vérité leur faisant prendre un Saint pour un autre.

Tous les Martyrologes latins font honorable mention de saint Paul le Patriarche de Constantinople, comme aussi le Ménologe des Grecs, mais le 6 septembre, et non en ce jour. Sa vie a été décrite par Métaphraste, qui l’a recueillie des anciens monuments, comme aussi par Lipoman et Surius. Saint Athanase son contemporain, Socrate, Sozomène et Théodoret décrivent assez particulièrement toutes ses actions : c’est d’eux principalement que nous avons fait cet extrait. Plusieurs autres Auteurs parlent encore fort honorablement de lui selon le rapport du Cardinal Baronius, comme aussi lui-même, tant en ses Annales Ecclésiastiques, qu’en ses Annotations sur le Martyrologe Romain.


Lundi 21 août 2017
Ste Jeanne-Françoise

Frémiot de Chantal,

veuve
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui, après avoir embrasé de Votre amour la bienheureuse Jeanne-Françoise, lui avez donné la force d’âme admirable qui la fit avancer en perfection dans toutes les situations de la vie, et qui avez voulu orner par elle Votre Église d’une nouvelle famille religieuse ; faites, en considération de ses mérites et de ses prières, que, conscients de notre faiblesse, mais confiants en Votre secours, nous puissions, à l’aide de la grâce céleste, surmonter tout ce qui nous est contraire. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Comme Marie, dont nous venons de célébrer l’Assomption, sainte Jeanne-Françoise de Chantal fut épouse, mère et veuve. Comme saint Bernard, elle naquit à Dijon et reçut au baptême le nom de Jeanne, parce que ce jour-là, 23 janvier 1572, le calendrier portait le nom de saint Jean l’Aumônier. Celui de Françoise qu’elle ajouta, lors de sa Confirmation, nous rappelle le doux Saint de Genève.


Comme autrefois saint Benoît et sainte Scholastique, comme saint François d’Assise et sainte Claire, saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise, correspondant aux desseins de la divine Providence, unirent leurs pieux efforts et illustrèrent l’Église par la « fondation d’une nouvelle famille ».


À la mort du baron de Chantal (1601), la jeune veuve se consacre au Seigneur par le vœu de chasteté perpétuelle, et elle écrit avec un fer rouge sur sa poitrine le nom de Jésus. Femme forte, elle quitta tout pour acheter à ce prix la perle précieuse de la vie religieuse. De ses six enfants il lui en restait encore quatre et son vieux père. « Arrêtons le cours de nos larmes, lui dit ce vénérable vieillard, pour faire plus d’honneur à la sainte volonté de Dieu ».


Son fils, Celse-Bénigne, s’oppose au départ de sa mère et se couche en travers de la porte : « Si je ne puis vous retenir, du moins vous passerez sur le corps de votre fils ». Madame de Chantal lutte contre les révoltes de son cœur, et, après avoir laissé couler librement ses larmes, elle s’arme de force et passe sur le corps de son fils. Elle devint la mère de nombreuses vierges de l’Ordre de la Visitation, aujourd’hui répandues dans le monde entier et auxquelles, toute pleine de l’esprit de charité divine elle répétait sans cesse comme saint Jean, son patron : « Aimons Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu ».


Elle mourut en 1641 à Moulins. À l’exemple et par l’intercession de sainte Jeanne-Françoise prions Dieu, afin que, connaissant notre faiblesse et confiants en Sa force, nous surmontions par Sa grâce tous les obstacles.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Retenez la belle devise de sainte Jeanne-Françoise : « Mourir à soi pour vivre à Dieu ».

Méditation du jour
Acte de conformité à la volonté de Dieu  suite

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