S. Gervais et S. Protais
19 juin

RÉSUMÉ :


Fils de saint Vital et de sainte Valérie, ces deux Saints moururent martyrs sous Néron, à Milan, au Ier siècle. Saint Gervais fut battu jusqu’à ce qu’il expirât sous les coups et saint Protais, frappé de verges, eut ensuite la tête tranchée.

Saint Ambroise découvrit miraculeusement leurs corps en 386.

Leurs noms figurent aux Litanies des Saints.


Anonyme du XIVe siècle. Fresque (détail)

Académie des Beaux-Arts, Milan

Saint Gervais, frère de saint Protais, martyrs.
Saint Gervais, frère de saint Protais, martyrs.

1739

Saint Gervais et saint Protais, frères jumeaux, étaient fils de saint Vital (fête le 28 avril) et de sainte Valérie (fêtée le même jour). Ayant donné tous leurs biens aux pauvres, ils vivaient avec saint Nazaire, qui se construisait un oratoire près d’Embrun, et à qui un enfant nommé Celse (1) apportait des pierres. Puis, lorsque les trois Saints furent conduits vers l’empereur Néron, le petit Celse les suivit en se lamentant ; et, comme un des soldats lui avait donné un soufflet, saint Nazaire le gronda de sa cruauté : sur quoi, les soldats, furieux, l’accablèrent de coups de pied, l’enfermèrent dans un cachot et finirent par le jeter à l’eau. Saint Gervais et saint Protais furent conduits à Milan, où ils furent bientôt rejoints par saint Nazaire, miraculeusement sauvé.


(1) Le Bienheureux Jacques de Voragine (dominicain) ajoute que cet enfant ne pouvait pas, vu les dates, être saint Celse, qui ne se joignit à saint Nazaire que beaucoup plus tard.


Or, dans le même temps, vint à Milan le comte Astase, qui partait en guerre contre les Marcomans ; et les païens accoururent à lui, lui déclarant que leurs dieux se refusaient à les protéger aussi longtemps que Gervais et Protais n’auraient pas été immolés. Les deux chrétiens furent donc sommés de sacrifier aux idoles. Et, comme saint Gervais disait que toutes les idoles étaient sourdes et muettes, et que seul son Dieu pouvait donner la victoire, Astase, furieux, le fit frapper à mort de lanières plombées. Puis il fit venir saint Protais et lui dit : « Malheureux, évitez de périr misérablement comme votre frère ! ». Et saint Protais : « Qui de nous deux est malheureux, moi, qui ne vous crains pas, ou vous qui me craignez ? ». Et Astase : « Eh ! misérable, comment pouvez-vous dire que je vous crains ? ». Et saint Protais : « Vous craignez que je ne vous nuise, si je refuse de sacrifier à vos dieux : car si vous ne craigniez pas cela, vous n’essaieriez pas à me contraindre à ce sacrifice ! ». Alors, Astase le fit étendre sur un chevalet. Et saint Protais : « Je n’ai point de colère contre vous, comte, car je sais que les yeux de votre cœur sont aveugles ; mais, plutôt, j’ai pitié de vous, parce que vous ignorez ce que vous faites. Continuez donc à me supplicier, afin que je puisse partager avec mon frère la faveur de notre Maître ! ». Astase lui fit trancher la tête. Et Philippe, serviteur du Christ, vint avec son fils, la nuit, prendre les corps des deux martyrs, qu’il ensevelit secrètement chez lui dans un sarcophage de pierre, déposant sous leurs têtes un écrit qui indiquait leur origine, leur vie, et les circonstances de leur mort. Et leur martyre eut lieu sous l’empereur Néron.


Les corps des deux Saints restèrent longtemps cachés : ils furent découverts au temps de saint Ambroise, et de la façon que nous allons rapporter. Donc, saint Ambroise se trouvait, une nuit, dans l’église des saints Nabor et Félix ; et comme, après avoir longtemps prié, il était tombé dans un état intermédiaire entre la veille et le sommeil, deux beaux jeunes gens vêtus de blanc lui apparurent, priant avec lui, les bras étendus. Alors saint Ambroise demanda que, si c’était là une illusion, elle s’évanouît, et que, si c’était une réalité, elle se révélât de nouveau à lui. Et les deux jeunes gens lui apparurent de nouveau au chant du coq ; et, la nuit suivante, ils lui apparurent une troisième fois, mais cette fois en compagnie d’une autre personne, en qui il reconnut l’Apôtre saint Paul. Et saint Paul lui dit : « Vous voyez là deux jeunes gens qui, dédaignant tous les biens de la terre, ont fidèlement suivi mes leçons. Leurs corps habitent le lieu où vous vous trouvez. À douze pieds sous terre vous trouverez un coffre de pierre contenant leurs restes, ainsi qu’un écrit où vous apprendrez leurs noms et l’histoire de leur fin ». Aussitôt, saint Ambroise convoqua les évêques voisins ; puis, creusant la terre, il entra le premier dans la fosse, et y trouva tout ce que lui avait dit saint Paul. Et, bien que trois siècles et plus se fussent écoulés depuis la mort des deux Saints, leurs corps étaient aussi intacts que s’ils n’étaient là que depuis la veille. Et une odeur délicieuse s’en exhalait. Et un aveugle, ayant touché le cercueil, recouvra la vue, et bien d’autres malades furent guéris par l’intercession des deux Saints.


C’est le jour anniversaire de leur fête que fut rétablie la paix entre les Lombards et l’Empire romain. En souvenir de quoi le Pape saint Grégoire ordonna que, dans l’introït de la messe et dans les autres offices, le jour de leur fête, fussent introduites des allusions à cette heureuse paix.


Au vingtième livre de sa Cité de Dieu, saint Augustin raconte que, en sa présence et en celle de l’empereur, un aveugle recouvra la vue, à Milan, devant le tombeau des saints Gervais et Protais. Mais si cet aveugle était ou non celui dont nous avons parlé plus haut, c’est ce que nous ne saurions dire. Nous lisons dans le même livre qu’un jeune homme qui baignait son cheval dans un fleuve, près d’Hippone, fut attaqué par un démon et jeté à l’eau, à demi mort. Mais comme, le soir, on chantait dans l’église des saints Gervais et Protais, non loin de là, le jeune homme entra dans l’église et se cramponna à l’autel, d’où personne ne put l’arracher. En vain le démon l’adjurait de s’éloigner de l’autel : il menaçait de se couper les membres si on le faisait sortir. Et lorsque enfin il sortit, ses yeux jaillirent de l’orbite, et ne restèrent plus attachés que par une veine : mais, peu de jours après, par les mérites des saints Gervais et Protais, le jeune homme recouvra la santé ; et ses yeux, qu’on avait rentrés tant bien que mal dans les orbites, se rouvrirent à la lumière.


Mardi 1er septembre 2026
de la Férie
4e classe
Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Seigneur, nous Vous en prions, gardez Votre Église par l’assistance continuelle de Votre miséricorde ; et puisque, sans Vous, la faiblesse humaine ne peut que faillir, daignez, par Votre assistance, la préserver sans cesse de tout ce qui peut lui nuire, et la diriger vers ce qui est salutaire. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire de saint Gilles ou Égide,

abbé :


Que l’intercession du bienheureux Gilles (Égide) nous recommande, s’il Vous plaît, auprès de Vous, Seigneur, afin que nous obtenions, par son patronage, ce que nous ne pouvons attendre de nos mérites.


Sous la même conclusion : mémoire des douze Saints frères Martyrs de Bénévent :


Faites, Seigneur, que le couronnement des frères Martyrs nous soit un sujet de joie ; qu’il procure à notre Foi une augmentation de force, et nous console au moyen de leur multiple intercession. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Saint Gilles, né à Athènes, distribua aux pauvres tout son patrimoine et suivit Jésus. Plusieurs miracles l’ayant rendu célèbre, il s’enfuit en Provence pour se dérober aux honneurs.

Il vécut dans la prière et le recueillement au sein d’une vaste forêt, n’ayant pour nourriture que des racines et le lait d’une biche apprivoisée.


Un jour que la meute royale de Théodoric la poursuivait, elle vint se réfugier dans la grotte du Saint qui, en voulant la protéger, eut la main traversée d’une flèche. Le roi étant arrivé, pressa vivement saint Gilles de consentir à la construction d’un monastère en ce lieu.


Le saint ermite en prit la direction et, tel Moïse parmi le peuple de Dieu, il devint le chef et le législateur d’une nombreuse famille monastique qui se plaça sous sa conduite et suivit sa doctrine et ses conseils.

C’était en 673. L’abbaye de Saint-Gilles, cette merveille d’architecture, devint un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés du Moyen-Âge et donna origine à une ville : Saint-Gilles-du-Gard.


Les comtes de Toulouse tinrent à honneur de porter le nom de ce Saint.


Les anciens Missels le rangent au nombre des « quatorze Saints Auxiliaires ». Son culte se répandit en France, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, où l’on comptait cent quarante-six églises élevées en son honneur.

Saint Gilles mourut vers 721. Son tombeau fut découvert en 1865.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Ayez un grand amour pour la solitude, où l’on trouve Dieu bien plus qu’au milieu du monde ; faites-vous au moins une solitude dans votre cœur.

Méditation du jour
Le royaume de Dieu est paix et joie dans l’Esprit-Saint  suite

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