S. Augustin de Cantorbéry
28 mai

RÉSUMÉ :

Le Cycle liturgique du sanctoral célèbre aujourd’hui la fête d’un autre fils de saint Benoît qui, rempli comme les Apôtres de l’Esprit-Saint, fut envoyé par le pape saint Grégoire en Grande Bretagne (en 596), avec quarante moines de sa communauté, afin de convertir au Christ les populations de cette contrée.

Aussi l’Évangile de la Messe d’aujourd’hui nous parle-t-il des soixante-douze disciples que Jésus envoya pour prêcher le royaume de Dieu, et l’Épître fait-elle allusion à l’apostolat de saint Paul, qui s’occupa jour et nuit dans la prédication de l’Évangile de Dieu.

Reçu par le roi Ethelbert à Cantorbéry, capitale de son royaume, Augustin y construisit un monastère et y établit plus tard son siège épiscopal.

L’exemple de sa vie, joint à sa prédication et à ses miracles, amena à la vraie Foi le roi lui-même et saint Augustin baptisa un jour de Noël plus de dix mille Anglais. Il mourut en l’an 604.

D’après une miniature d’un Lectionnaire du IXe siècle
Saint Augustin de Cantorbéry reçoit les instructions du Pape saint Grégoire le Grand pour évangéliser les Anglo-Saxons.
Saint Augustin de Cantorbéry reçoit les instructions du Pape saint Grégoire le Grand
pour évangéliser les Anglo-Saxons.

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À la suite de la conquête de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons, le Christianisme avait peu à peu disparu des parties méridionales et orientales, refoulé dans les régions celtiques du nord et de l’ouest. À la différence des envahisseurs du continent, ceux-ci furent rebelles à la religion du peuple qu’ils avaient subjugué : les vainqueurs demeurèrent païens et les vaincus le redevinrent.

Les Anglo-Saxons avaient des institutions politiques intelligentes et libres, une rare vitalité sociale, certaines vertus natives et, dit un historien, « des penchants nobles inconnus au monde romain », mais gâtés par une religion qui tolérait tous les vices et peut-être même les sacrifices humains, par une avidité qui cherchait des gains honteux dans ce commerce des esclaves dont Rome, six siècles après Jésus-Christ, était encore le grand entrepôt.

Souvent le pape saint Grégoire Ier, le Grand, alors abbé du monastère qu’il avait fondé dans sa propre maison, s’était arrêté devant ces jeunes hommes du Nord ; souvent il en avait racheté quelques-uns pour en faire des Chrétiens. Il avait eu le projet, auquel s’opposaient les Romains, d’aller évangéliser l’Angleterre. Devenu pape, il n’oublia pas le rêve de sa jeunesse ; il chercha l’homme dont il voulait faire l’apôtre des Anglo-Saxons, et il le trouva en la personne d’Augustin, prieur de son monastère de Saint-André au mont Cœlius (en 596).

Jusqu’à ce moment, on ne sait rien de la vie d’Augustin. Il part accompagné de quarante moines, muni de lettres de recommandation pour les évêques gaulois et pour Brunehaut, à laquelle Grégoire demandait de fournir des interprètes à sa mission. La traversée des Gaules se fit sans trop de peine, et en 597 ces nouveaux et pacifiques conquérants débarquèrent sur la côte anglaise, à l’île de Thanet, entre les villes modernes de Sandwich et de Ramsgate.

Augustin envoya ses interprètes vers le roi Éthelbert, qui régnait dans le Kent et qui venait d’acquérir une sorte de primauté sur les autres rois de l’heptarchie, avec le titre de bretwalda ou chef temporaire de la confédération saxonne. La femme d’Éthelbert, Berthe, fille de Caribert et petite-fille de Clovis, était Chrétienne ; aussi le roi se montra-t-il tout d’abord favorable aux missionnaires. Après leur avoir dit : « Nous ne vous empêcherons pas de prêcher votre religion, et vous convertirez qui vous voudrez », il leur permit de venir à Cantorbéry, ville royale, où Augustin et ses compatriotes firent une entrée solennelle, la croix en tête, en chantant des litanies.

Les moines se mirent à l’œuvre, et bientôt les néophytes se présentèrent en si grand nombre, qu’ils durent faire un choix, n’acceptant que les plus dignes. Séduit par leur vie austère et par la beauté de la Foi qu’ils annonçaient, troublé par les miracles qu’il avait vu accomplir sous ses yeux, Éthelbert ne tarda pas à demander le Baptême, donnant ainsi l’exemple à son peuple, et il le reçut des mains d’Augustin, le jour de la Pentecôte 597.

Aux fêtes de Noël de la même année, ce Sacrement fut administré à plus de dix mille Anglo-Saxons, à l’embouchure de la Medway dans la Tamise, en face de l’île de Sheppey. Le roi abandonna son propre palais à Augustin, qui était allé se faire sacrer archevêque des Anglais par le métropolitain d’Arles, Virgile. À côté de la résidence royale devenue un monastère on commença aussitôt à édifier cette basilique qui, sous le nom d’église du Christ, devait devenir la métropole de l’Angleterre.

Les dernières années d’Augustin furent troublées par des querelles sans cesse renaissantes avec les évêques bretons, qui refusèrent de reconnaître sa suprématie. Le différend, en apparence, avait pour cause une question de liturgie, la fixation de la fête de Pâques, mais au fond, les Celtes en voulaient aux missionnaires romains de l’appui qu’ils avaient trouvé chez leurs vainqueurs, et ils refusèrent de se joindre à Augustin pour prêcher l’Évangile aux Saxons.

Malgré ses traverses, la nouvelle Chrétienté prospéra rapidement, grâce à Éthelbert, qui favorisa l’introduction de la Foi chrétienne dans le royaume voisin d’Essex, dont le roi était fils de sa sœur. Un évêché y fut fondé, à Londres.

Ce fut lui qui, probablement sous l’inspiration d’Augustin, édicta cet ensemble de lois, premier code anglais, connu sous le nom de Jugement d’Éthelbert, dont un article consacrait la liberté, les droits et les propriétés de l’Église. Notre Saint mourut le 26 mai 604 (ou 605 ?), saint Grégoire le Grand étant pape, Phocas empereur d’Orient, Clotaire II roi de Neustrie, Théodebert II roi de Bourgogne et Thierry II roi des Francs.


Mercredi 21 août 2019
Ste Jeanne-Françoise

Frémiot de Chantal,

veuve
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui, après avoir embrasé de Votre amour la bienheureuse Jeanne-Françoise, lui avez donné la force d’âme admirable qui la fit avancer en perfection dans toutes les situations de la vie, et qui avez voulu orner par elle Votre Église d’une nouvelle famille religieuse ; faites, en considération de ses mérites et de ses prières, que, conscients de notre faiblesse, mais confiants en Votre secours, nous puissions, à l’aide de la grâce céleste, surmonter tout ce qui nous est contraire. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Comme Marie, dont nous venons de célébrer l’Assomption, sainte Jeanne-Françoise de Chantal fut épouse, mère et veuve. Comme saint Bernard, elle naquit à Dijon et reçut au baptême le nom de Jeanne, parce que ce jour-là, 23 janvier 1572, le calendrier portait le nom de saint Jean l’Aumônier. Celui de Françoise qu’elle ajouta, lors de sa Confirmation, nous rappelle le doux Saint de Genève.


Comme autrefois saint Benoît et sainte Scholastique, comme saint François d’Assise et sainte Claire, saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise, correspondant aux desseins de la divine Providence, unirent leurs pieux efforts et illustrèrent l’Église par la « fondation d’une nouvelle famille ».


À la mort du baron de Chantal (1601), la jeune veuve se consacre au Seigneur par le vœu de chasteté perpétuelle, et elle écrit avec un fer rouge sur sa poitrine le nom de Jésus. Femme forte, elle quitta tout pour acheter à ce prix la perle précieuse de la vie religieuse. De ses six enfants il lui en restait encore quatre et son vieux père. « Arrêtons le cours de nos larmes, lui dit ce vénérable vieillard, pour faire plus d’honneur à la sainte volonté de Dieu ».


Son fils, Celse-Bénigne, s’oppose au départ de sa mère et se couche en travers de la porte : « Si je ne puis vous retenir, du moins vous passerez sur le corps de votre fils ». Madame de Chantal lutte contre les révoltes de son cœur, et, après avoir laissé couler librement ses larmes, elle s’arme de force et passe sur le corps de son fils. Elle devint la mère de nombreuses vierges de l’Ordre de la Visitation, aujourd’hui répandues dans le monde entier et auxquelles, toute pleine de l’esprit de charité divine elle répétait sans cesse comme saint Jean, son patron : « Aimons Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu ».


Elle mourut en 1641 à Moulins. À l’exemple et par l’intercession de sainte Jeanne-Françoise prions Dieu, afin que, connaissant notre faiblesse et confiants en Sa force, nous surmontions par Sa grâce tous les obstacles.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Retenez la belle devise de sainte Jeanne-Françoise : « Mourir à soi pour vivre à Dieu ».

Méditation du jour
Acte de conformité à la volonté de Dieu  suite

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