N° 1312

LES PRÉDATEURS SONT LES PLUS FORTS…

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Dans le système entropique qui est le nôtre depuis le péché originel, tout se dégrade et va vers le repos, le non-mouvement, la mort. Il faut donc une lutte permanente pour contrecarrer cette évolution. C’est la nég-entropie, c’est l’énergie de la vie qui combat contre les forces de la mort. C’est cela la vie : ne pas se laisser aller, combattre, ramer à contre-courant, pratiquer les vertus qui se laissent si facilement déborder par les vices lesquels conduisent bien évidemment à la mort de l’enfer.

Mesurons au passage la sottise des « libéraux » qui, s’appuyant sur une vérité (le bien est meilleur que le mal, la vérité plus forte que le mensonge), en tirent une conclusion fausse, sophistique : le bien l’emporte par lui-même sur le mal, la vérité sur le mensonge. Comme si l’expérience la plus élémentaire la plus universelle ne pouvait pas convaincre un chacun de l’évidence du contraire ; nous ne sommes pas au Ciel !

Un jardinier sait très bien que tout vient de Dieu : ses forces, son intelligence lui ayant permis d’acquérir son savoir-faire de jardinier ; la terre, les graines et les plantes ; la pluie, le soleil… Mais il n’a pas la stupidité de s’imaginer que c’est Dieu qui fera son jardin et qu’il n’aura qu’à contempler et profiter des fruits et que Dieu ne lui laissera qu’à entretenir sa… paresse ! Il n’en remerciera pas moins son Maître qui lui a procuré tant de bienfaits et celui de pouvoir y travailler en y mettant sa part, avec la force de lutter contre ce qui lui est contraire.

Alors pourquoi faut-il toujours s’en prendre à Dieu de ce qui ne va pas et qui n’a pour cause que notre négligence et notre malice ?

…SURTOUT SI ON LES LAISSE FAIRE

Qu’il y ait des malfaiteurs, des ennemis de Dieu, c’est clair ! Ce sont ceux qui, ayant commis le mal, ne veulent pas s’en repentir ni changer de voie par un ferme propos en choisissant de prendre les bons et efficaces moyens de se corriger. Alors, il faut les aider à se corriger ; et s’ils persévèrent dans le mal, les combattre. N’est-ce pas ce qu’on fait dans le monde entier depuis le péché originel : contre la maladie, les moustiques, la mauvaise herbe, les délinquants, les ennemis agressifs et envahisseurs, bref les prédateurs de toutes sortes ? La paresse, le libéralisme, le pacifisme, ont toujours été les plus efficaces collaborateurs du mal. Il faut donc être bon, certes, mais pas « poire » !

LA BARBARIE ET SES PRÉDATEURS GAGNENT

Dans le Bulletin Dominical N° 1309, j’évoquais à propos de nos tourterelles, le repos biblique et la protection divine en citant les Psaumes de David. Et avec un peu de poésie et peut-être de naïveté : « plus familières, elles ne nous craignent guère malgré nos mouvements et nos repas sur la terrasse. En revanche leurs prédateurs sont plus méfiants et s’approchent moins ». De fait : deux petites tourterelles sont sorties de leur œuf. Seulement voilà : les prédateurs en questions sont de plus en plus familiers eux aussi, mais sans gêne, provocateurs, voire arrogants et même… assassins ! Huit jours après leur naissance, nous avons trouvé leur nid vide… Pies ? (de plus en plus nombreuses), chats que nous voyons rôder à la vesprée ? rats ? et même écureuils ? tous prédateurs qui bénéficient des cerisiers, des noisetiers, des bienfaits accordés aux tourterelles et aux poules bien nourries…

On a eu la bonté de nous consoler en nous disant : « Il faut bien que tout le monde vive… ». Certes. Mais il y a des limites qu’on finit par oublier dans nos temps de tolérance débordante à l’égard de tout ce qui est hors normes (d’autrefois). C’est comme au temps de la fin de l’empire romain, c’est en nos temps de concile et d’après-concile… Chacun a le droit de faire ce qu’il veut puisque c’est la crise, donc vive la loi de la jungle !

ADRESSE ÉLECTRONIQUE

Les lecteurs attentifs et utilisateurs d’internet ont remarqué le changement d’adresse électronique indiqué dans le cartouche en bas du Bulletin Dominical, sous les Notes tirées du sermon : « jmseuillot(a)cassicia.com ». C’est en effet la nouvelle adresse qui se conforme à notre site « cassicia.com ». Mais l’autre adresse (« jmseuillot(a)epolaire.com ») reste valable puisqu’elle aboutit dans la même boîte aux lettres et peut donc toujours être utilisée.

Pour nous aider à méditer

Je conclus, donc, que quand nous voyons que l’Église universelle a été et est dans la croyance de quelque article, soit que nous le voyons explicitement dans l’Écriture, soit qu’il en soit tiré par quelque déduction, ou bien par Tradition, nous ne devons aucunement contrôler, ni disputer ou douter sur iceluy, mais prêter l’obéissance et l’hommage à cette céleste Reine que Notre Seigneur commande, et régler notre Foi à ce niveau. Que si c’eût été impiété aux Apôtres de contester avec leur Maître, ainsi en sera-t-il pour celui qui contestera contre l’Église ; car si le Père a dit du Fils, « Écoutez-Le », le Fils a dit de l’Église, « Si quelqu’un n’écoute pas l’Église, qu’il soit comme un étranger et un publicain ». (S. François de Sales, Les Controverses, Partie I, Ch. II, art. 6).

Notes tirées du sermon

« Désormais tu prendras des hommes… » (Luc, V, 10). Or, il s’agit des hommes pécheurs puisque les bien portants n’ont besoin de personne… Seulement voilà : « Ceux que Vous avez haïs, Seigneur, ne les haïssais-je pas ? J’ai haï les hommes iniques » clame le Psalmiste. Et il poursuit ailleurs : « Mon zèle m’a fait sécher. Éloignez-vous de moi, méchants ! » C’est bien le moins si on veut se préserver des méchantes contagions.

Saint François de Sales se lamente en effet disant : « Hélas ! que de maux a attirés le péché ! » Et cela était déjà si terrible sous l’Ancien Testament que le Prophète Jérémie s’écriait (au nom du Dieu tout-puissant) : « Cieux ! soyez frappés de stupeur sur cela ! et vous portes du Ciel, soyez dans la plus grande désolation, dit le Seigneur. Car Mon peuple a fait deux maux : ils M’ont abandonné, Moi, source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes entr’ouvertes qui ne peuvent retenir les eaux » (Jér., II, 12). Mais nous savons qu’il n’y a pas que le sens historique, ni même qu’un sens prophétique immédiat (ou presque). Il peut y avoir aussi un sens prophétique lointain, sans oublier le fait que le peuple Hébreu était la figure du peuple Chrétien.

Et comment ne pas voir le principe dénoncé toujours renouvelé ? Dieu est la source, on se détourne de Lui et on veut faire comme Lui, mais à notre façon. Dieu punit nos péchés, Il possède et nous donne les remèdes mais nous préférons en fabriquer nous-mêmes comme trop le font en cette crise de l’Église en se fabriquant leurs solutions pour… faire plaisir à Dieu !

« Par le péché, tout meurt ou est près de mourir. Aussi les Saints disent-ils “Mon zèle m’a fait sécher”(…) ; et Jésus en mourut.

Mais alors ? s’il en est ainsi, comment le Christ pouvait-Il fréquenter les pécheurs et les publicains ? C’est tout simplement comme médecin et non, évidemment, par amour du mal. Voilà ce qu’Il demande aux prêtres qui sont Siens.

Recommandation spirituelle de la semaine

L’Autel, au sens mystique, représente le cœur. Or, précise saint François de Sales, le vrai sacrifice est un esprit affligé, celui qu’il nous faut y apporter.


Samedi 24 juin 2017
NATIVITÉ DE S. JEAN-BAPTISTE

précurseur du Messie
1re classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Ô Dieu, qui nous avez rendu ce jour vénérable par la Nativité du bienheureux Jean, accordez à Votre peuple la grâce des joies spirituelles, et dirigez les âmes de tous les fidèles dans la voie du salut éternel. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
« Prophète du Très-Haut », saint Jean est figuré par Isaïe et Jérémie ; mieux qu’eux encore, il fut consacré dès le sein de sa mère pour annoncer Jésus et préparer les âmes à Sa venue.

L’Évangile nous retrace les prodiges qui marquèrent sa naissance. Zacharie impose à son enfant le nom que saint Gabriel lui a apporté du Ciel et qui signifie : Le Seigneur a fait grâce. Il recouvre aussitôt la voix et, rempli de l’Esprit-Saint, il prédit les grandeurs de son fils : « Il ira devant la face du Seigneur pour donner au peuple la connaissance du salut ».


L’Ange Gabriel avait annoncé à Zacharie que « beaucoup se réjouiraient de la naissance de saint Jean-Baptiste ». Ce ne furent pas seulement, en effet, « les voisins et les parents d’Élisabeth », qui fêtèrent cet événement, mais chaque année, au jour de l’anniversaire, l’Église toute entière convie ses enfants à partager cette sainte joie. Elle sait que la nativité « de ce Prophète du Très-Haut » en cette Noël d’été est intimement liée à l’avènement du Messie.


À partir de la fête de la Nativité de saint Jean, les jours décroissent, car le soleil ayant atteint le point culminant de sa course annuelle, se remet à descendre. Au contraire, la fête de la Nativité du Sauveur, dont celle-ci est le prélude, marque l’époque où le soleil recommence à monter sur son orbite.

Le Précurseur doit s’effacer devant Jésus qui est la vraie lumière des âmes. « Il faut qu’il croisse, dit saint Jean, et que je diminue ». Les solstices étaient l’occasion de fêtes païennes où l’on allumait des feux pour honorer l’astre qui nous donne la lumière. L’Église christianisa ces rites en y voyant un symbole de saint Jean qui était « une lampe ardente et brillante ». Aussi « encouragea-t-elle ce genre de manifestation qui correspondait si bien au caractère de la fête. Les feux de la Saint-Jean complétaient heureusement la solennité liturgique ; ils montraient unies dans une même pensée l’Église et la cité terrestre » (Dom Guéranger).


Le nom du Précurseur est inscrit au Canon de la Messe en tête de la 2e liste. On célébrait autrefois, au jour de sa fête, trois messes en son honneur, et nombreuses étaient les églises qui lui étaient dédiées. Les parents aimaient de même à donner son nom à leurs enfants. Paul diacre, moine du Mont-Cassin et ami de Charlemagne, avait composé en l’honneur de saint Jean-Baptiste l’hymne : « Ut queant laxis ».


Au XIIIe siècle, le moine bénédictin Guy d’Arezzo remarqua que les notes chantées sur les syllabes initiales formaient la série des six premiers degrés de la gamme. Il désigna chaque degré par la syllabe correspondante : (Ut, ré, mi, fa, sol, la, si) et facilita beaucoup par là l’étude des intervalles musicaux.

Ut queant laxis (do)

resonare fibris. (ré)

Mira gestorum (mi)

famuli tuorum. (fa)

Solve polluti (sol)

labii reatum. (la)

Sancte Johannes. (si)

« Afin que vos serviteurs puissent chanter à pleine voix les merveilles de vos œuvres, purifiez leurs lèvres souillées, ô saint Jean ».

Zacharie, faisant savoir qu’il voulait appeler son fils Jean, avait aussitôt retrouvé l’usage de la parole ; et voici qu’une hymne composée en l’honneur du Prophète dont la voix retentit au désert, devient l’instrument d’un nouveau progrès dans l’art musical.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Remerciez Dieu souvent des grâces de choix dont Il vous a prévenu dès votre apparition dans ce monde.

Méditation du jour
Le Précurseur reconnaissant le Sauveur du monde  suite

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