• Pour le 5e dimanche après la Pentecôte :

COMMENT JÉSUS INTRODUIT LA LOI NOUVELLE

SANS ABOLIR L’ANCIENNE

Introduction pour l’Évangile de ce dimanche

(selon saint Matthieu, V, 20-24)

« Homélies sur Saint Matthieu », Homélie XVI, sur le verset :

« Ne pensez pas que Je sois venu détruire la Loi, ou les Prophètes. » (Mt., V, 17)

(Saint Jean Chrysostôme, archevêque de Constantinople et docteur grec de l’Église).

  • Plaisante introduction du saint Docteur de l’Église : personne n’avait évidemment à soupçonner Jésus… mais… « c’était bien tout le contraire ».

  • Bonté du Sauveur qui ménage Ses auditeurs : ils aiment la Loi qu’ils violent chaque jour et ne veulent pas qu’on y touche.

  • Mais non : la Loi ne sera pas abolie mais parfaite.

  • Argumentation équilibrée pour éviter les deux écueils opposés : Jésus refusant d’obéir à Dieu, Jésus n’étant pas Dieu.

    VOIR à la fête du 29 juin des

    SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

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1. Qui donc L’en avait soupçonné ? qui L’en avait accusé, pour qu’Il crût devoir répondre à cette objection ? Un tel soupçon ne pouvait certes pas trouver un fondement dans Ses paroles ; car, en leur recommandant la douceur, la modestie, la miséricorde, la pureté du cœur, un invincible amour pour la justice, Il n’agissait nullement dans ce sens ; c’était bien tout le contraire.

Pourquoi dès lors parle-t-Il ainsi ? Ce n’est pas sans intention et sans but, c’est parce qu’Il allait donner des préceptes supérieurs à ceux de l’ancienne Loi, en tenant ce langage : « Vous avez ouï qu’il a été dit aux anciens : Vous ne tuerez pas ; et Moi Je vous dis : Ne vous mettez pas en colère. » (Mt., V, 21-22). voir Bulletin Dominical N°1313 #156-22

Au moment de leur ouvrir une voie céleste et divine, Il a recours à cette précaution, pour que la nouveauté de Sa doctrine ne jetât pas la perturbation et le doute dans l’âme de Ses auditeurs. Bien qu’ils n’accomplissent pas la Loi, ils l’aimaient d’un amour sincère ; ils avaient beau la violer chaque jour, ils voulaient du moins que la lettre en demeurât inaltérable et que rien n’y fût ajouté. Ils restaient mêmes attachés aux additions faites par leurs chefs, et qui la corrompaient cependant, au lieu de la perfectionner. Le respect pour les parents, par exemple, avait singulièrement souffert de ces nouveaux préceptes, ainsi que beaucoup d’autres devoirs consacrés dans la législation primitive.

Ainsi donc, comme le Christ n’appartenait pas à la tribu sacerdotale [la tribu de Lévi ; Notre Seigneur étant né dans la tribu royale de David à laquelle appartenait la Sainte Vierge Marie (et aussi Saint Joseph le Père nourricier de Jésus, Époux si chaste de Notre-Dame)], et comme les préceptes qu’Il allait ajouter auraient pour conséquence, non d’amoindrir la vertu, mais d’en agrandir le domaine, Il prévenait les difficultés qui pouvaient s’élever dans les esprits et les troubler, avant que Ses admirables Lois fussent écrites. Or quelles étaient ces difficultés ? En écoutant Sa doctrine, les Juifs pensaient qu’Il se proposait d’abroger les vieilles prescriptions légales. Il dissipe donc cette erreur.

LE CHRIST N’EST POINT VENU DÉTRUIRE LA LOI

Et ce n’est pas ici seulement qu’ìl l’attaque, Il y revient en d’autres circonstances. On L’accusait d’être l’ennemi de Dieu, sous prétexte qu’Il n’observait pas le sabbat ; pour les guérir d’un tel soupçon, Il consent à présenter Sa défense, mais une défense digne de Lui, quand Il parle de la sorte : « Mon Père fait Son œuvre, et Je la fais aussi. » (Jn, V, 17). Il se défend encore mais avec plus de condescendance, lorsqu’Il cite l’exemple d’une brebis perdue le jour du sabbat, en leur montrant que la loi du repos est suspendue pour que la brebis soit retrouvée ; Il leur cite de plus la circoncision comme pouvant suspendre cette même loi.

Il consent à leur adresser un langage aussi modeste, Il y revient souvent, pour chasser de leur esprit la pensée qu’Il était l’ennemi de Dieu. C’est pour cela que Lui qui ressuscitait tant de morts avec une seule parole, faisait une prière en rappelant Lazare du tombeau. De peur cependant qu’Il ne Se montrât de la sorte inférieur à Son Père, et pour aller au-devant de cet autre soupçon, Il ajoutait : « J’ai dit cela à cause de la foule qui M’entoure, afin qu’ils croient que Vous M’avez envoyé. » (Jn, XI, 42).

POURQUOI LE CHRIST N’AGIT-IL POINT TOUJOURS AU NOM DE SA PROPRE AUTORITÉ

Il n’agit pas en tout comme de Son autorité propre, voulant ainsi condescendre à leur faiblesse ; Il n’agit pas toujours non plus après avoir prié, de peur que dans la suite ce ne fût là le prétexte d’une funeste opinion, celle de Son impuissance et de Son infériorité : Il agit tantôt d’une façon et tantôt d’une autre, pour répondre d’avance à ces tendances opposées. Il fait même briller en cela une prudence qui Le manifeste ; car Il accomplit les grandes choses comme en ayant le pouvoir, et pour celles qui sont bien moindres Il lève les yeux au Ciel. En effet, lorsqu’Il remet les péchés, dévoile les pensées secrètes, ouvre le paradis, chasse les démons, purifie les lépreux, met un frein à la mort, lui arrache ses victimes, Il commande en souverain : est-il question d’une chose bien moins grande, de multiplier les pains, Il fait une prière, Il lève les yeux au Ciel, nous montrant ainsi que rien dans Ses actes n’accuse un défaut de pouvoir. Comment ? Il était assez puissant pour les grandes choses, et pour les petites Il aurait eu besoin de prier ? S’Il agit de la sorte, nous l’avons dit, c’est pour réprimer l’impudence de ces hommes.

Appliquez cette même observation aux paroles dans lesquelles Il S’humilie. De telles paroles et de tels actes sont motivés par plusieurs raisons : Il veut qu’on ne puisse pas Le regarder comme un ennemi de Dieu, Il Se propose encore de les instruire et de les guérir, Il leur enseigne ainsi l’humilité, Il leur montre qu’Il S’est revêtu d’une chair véritable ; de plus, les Juifs ne sont pas capables de tout apprendre à la fois ; enfin, le divin Maître nous éloigne par là de toute pensée superbe. Laissant donc aux autres le soin de dire ce qu’il y a de grand, Il ne parle souvent de Lui-même que pour Se rabaisser.

[Si Dieu veut, nous donnerons l’an prochain le commentaire direct du passage de l’Évangile de ce dimanche, suite de cette Homélie de Saint Jean Chrysostôme.]


Mercredi 21 août 2019
Ste Jeanne-Françoise

Frémiot de Chantal,

veuve
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui, après avoir embrasé de Votre amour la bienheureuse Jeanne-Françoise, lui avez donné la force d’âme admirable qui la fit avancer en perfection dans toutes les situations de la vie, et qui avez voulu orner par elle Votre Église d’une nouvelle famille religieuse ; faites, en considération de ses mérites et de ses prières, que, conscients de notre faiblesse, mais confiants en Votre secours, nous puissions, à l’aide de la grâce céleste, surmonter tout ce qui nous est contraire. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Comme Marie, dont nous venons de célébrer l’Assomption, sainte Jeanne-Françoise de Chantal fut épouse, mère et veuve. Comme saint Bernard, elle naquit à Dijon et reçut au baptême le nom de Jeanne, parce que ce jour-là, 23 janvier 1572, le calendrier portait le nom de saint Jean l’Aumônier. Celui de Françoise qu’elle ajouta, lors de sa Confirmation, nous rappelle le doux Saint de Genève.


Comme autrefois saint Benoît et sainte Scholastique, comme saint François d’Assise et sainte Claire, saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise, correspondant aux desseins de la divine Providence, unirent leurs pieux efforts et illustrèrent l’Église par la « fondation d’une nouvelle famille ».


À la mort du baron de Chantal (1601), la jeune veuve se consacre au Seigneur par le vœu de chasteté perpétuelle, et elle écrit avec un fer rouge sur sa poitrine le nom de Jésus. Femme forte, elle quitta tout pour acheter à ce prix la perle précieuse de la vie religieuse. De ses six enfants il lui en restait encore quatre et son vieux père. « Arrêtons le cours de nos larmes, lui dit ce vénérable vieillard, pour faire plus d’honneur à la sainte volonté de Dieu ».


Son fils, Celse-Bénigne, s’oppose au départ de sa mère et se couche en travers de la porte : « Si je ne puis vous retenir, du moins vous passerez sur le corps de votre fils ». Madame de Chantal lutte contre les révoltes de son cœur, et, après avoir laissé couler librement ses larmes, elle s’arme de force et passe sur le corps de son fils. Elle devint la mère de nombreuses vierges de l’Ordre de la Visitation, aujourd’hui répandues dans le monde entier et auxquelles, toute pleine de l’esprit de charité divine elle répétait sans cesse comme saint Jean, son patron : « Aimons Dieu de tout notre cœur, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu ».


Elle mourut en 1641 à Moulins. À l’exemple et par l’intercession de sainte Jeanne-Françoise prions Dieu, afin que, connaissant notre faiblesse et confiants en Sa force, nous surmontions par Sa grâce tous les obstacles.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Retenez la belle devise de sainte Jeanne-Françoise : « Mourir à soi pour vivre à Dieu ».

Méditation du jour
Acte de conformité à la volonté de Dieu  suite

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