• Pour le 6e dimanche après la Pentecôte :

JÉSUS A PITIÉ DE LA FOULE AFFAMÉE

MULTIPLICATION DES PAINS

Introduction pour l’Évangile de ce dimanche

(selon saint Marc, VIII, 1-9)

« Traité sur l’Évangile de saint Luc », Livre VI, n° 69.
( Saint Ambroise, archevêque de Milan et docteur latin de l’Église).

  • L’Évangile selon saint Marc, le plus court, un des trois synoptiques, est très semblable aux deux autres, ce pourquoi certains passages ne sont qu’exceptionnellement commentés par les Pères et les Saints parce qu’ils l’ont déjà été dans saint Matthieu ou saint Luc.

  • C’est le cas ici, où même les leçons du Bréviaire, pour l’Office de ce dimanche, utilisent le commentaire de saint Ambroise sur le passage équivalent dans saint Luc.

  • Équivalent mais non identique : les détails manifestent suffisamment qu’il s’agit en fait de deux multiplications des pains différentes. Mais le sens général est évidemment le même : l’annonce de la nourriture Eucharistique.

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« VOILÀ TROIS JOURS DÉJÀ

QU’ILS NE ME QUITTENT PAS ». (Marc, VIII, 2)

L’aliment de l’Évangile a commencé à nourrir les cœurs affamés des peuples. Par ailleurs c’est après que celle qui fait figure de l’Église a été guérie de sa perte de sang, après que les Apôtres ont été envoyés annoncer le Royaume de Dieu, que l’aliment de la grâce céleste est distribué. Mais remarquez à qui on le distribue : pas aux nonchalants, pas à ceux qui résident en ville —comme dans la Synagogue ou dans les dignités du siècle— mais à ceux qui cherchent le Christ au désert ; ceux qui ne font pas les dégoûtés, ceux-là sont accueillis par le Christ, et le Verbe de Dieu S’entretient avec eux, non du monde, mais du Royaume des Cieux ; et s’il en est que couvrent les ulcères d’une maladie corporelle, Il leur accorde volontiers son remède.

70. Il était donc dans l’ordre que, les ayant guéris de leurs blessures douloureuses, Il les délivrât de la faim par des aliments spirituels. Ainsi nul ne reçoit la nourriture du Christ s’il n’a d’abord été guéri, et ceux que l’on invite au festin sont auparavant guéris par l’invitation : y avait-il un boiteux, il a reçu le moyen de marcher pour venir ; un homme privé de la lumière de ses yeux, il n’a évidemment pu pénétrer dans la maison du Seigneur que s’il a recouvré la vue.

71. Partout donc un ordre mystérieux est observé : d’abord la rémission des péchés porte remède aux blessures, puis l’aliment de la Table céleste se multiplie. Pourtant cette foule n’est pas encore nourrie des mets les plus substantiels ; les cœurs qui jeûnent, de Foi solide, ne peuvent se repaître du Corps et du Sang du Christ : « Je vous ai fait prendre du lait, est-il dit, non de la nourriture : vous n’en étiez pas encore capables, et même maintenant vous ne l’êtes pas encore » (I Cor., III, 2). (…)

« MISEREOR SUPER TURBAM, J’ai pitié de cette foule. » (Marc, VIII, 2)

75. (…) Les disciples n’avaient pas encore la nourriture qui pourrait nous racheter ; ils avaient déjà cependant la nourriture qui pouvait nous rassasier, ils avaient la nourriture qui pouvait nous fortifier, car « le pain fortifie le cœur de l’homme » (Ps., CIII, 15).

Le Seigneur a donc pitié, pour que nul ne défaille en chemin. Si donc quelqu’un défaille, ce n’est point du fait du Seigneur Jésus, mais par son fait à lui qu’il défaille, et vous n’avez rien à imputer au Seigneur, qui « triomphe quand Il est jugé » (Ps., L, 6). Que direz-vous à Celui qui vous a accordé tout affermissement de votre force ? n’est-ce pas Lui qui vous a engendré, Lui qui vous a nourri ? Sa nourriture est force, Sa nourriture est courage. Mais si vous, par votre négligence, avez gaspillé la force que vous aviez reçue, ce ne sont pas les secours des aliments célestes qui vous ont manqué, mais ceux de votre âme. Aussi bien le Seigneur, comme Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes (Matth., V, 45), nourrit aussi les injustes et les justes.

75. N’est-ce point sur la force de la nourriture qu’Élie le saint, déjà défaillant en chemin, marcha quarante jours (I Rois, XIX, 6) ? et cette nourriture, c’est un Ange qui la lui donna. Mais vous, si le Christ vous nourrit, et si vous conservez la nourriture ainsi reçue, vous marcherez non pas quarante jours et quarante nuits, mais, j’ose le dire appuyé sur les exemples de l’Écriture, pendant quarante ans, depuis votre sortie des confins de l’Égypte jusqu’à votre arrivée dans la terre d’abondance, dans la terre où coulent le lait et le miel, et que le Seigneur a juré de donner à nos pères (Ex., III, 8 ; XIII, 5). C’est la terre dont il vous faut rechercher les ressources, celle que possède la douceur (Matth., XII, 43) : non pas cette terre, dis-je, qui est desséchée, mais celle qui est enrichie des aliments du Christ, qui, soumise à l’autorité du Roi éternel, est habitée par la foule des Saints.

76. Le Christ partage donc les vivres. Et Lui sans doute veut donner à tous, ne refuse à personne, car Il est le pourvoyeur de tous ; mais quand Il rompt les pains et les donne aux disciples, si vous ne tendez pas les mains pour recevoir votre nourriture, vous défaillerez en chemin. Et vous ne pourrez rejeter la faute sur Lui. Il a pitié et distribue ; mais Il distribue à ceux qui demeurent avec Lui, même au désert, qui ne s’en vont ni le premier ni le deuxième ni le troisième jour ; car vous lisez ailleurs : « J’ai pitié de cette foule, car voici déjà trois jours qu’ils continuent d’être avec Moi » (Matth., XV, 32).

Quelle condescendance, quelle humanité est par Lui inspirée aux hommes ! Il ne veut pas les laisser partir à jeun ; Il ne le veut pas, de peur qu’ils ne défaillent en chemin.

77. Ne défaillez donc pas sous la correction de Dieu ; ne vous lassez pas d’être repris par Lui ; ne vous lassez pas maintenant, de peur d’être las plus tard. Que Lui répondrez-vous, ou comment vous excuserez-vous, si vous avez laissé perdre la force de la nourriture qu’Il assure ? Vous ne pouvez dire qu’Il n’a pas donné la nourriture, puisqu’Il la donne à tous. Vous ne pouvez dire qu’Il n’a pas voulu que vous fassiez le bien, vous ayant proposé le bien et le mal, afin que votre bonne action ne fût pas contrainte, mais volontaire (Philém., 14). Car il y a une grande différence entre celui qui agit par contrainte et malgré lui, et celui qui volontairement choisit ce qui est bien : « si je le fais par nécessité, c’est une charge qui m’est confiée ; si c’est de mon plein gré, j’aurai une récompense » (I Cor., IX, 17).

Considérons donc que nous comparaîtrons au tribunal du Christ, et que, si notre ouvrage brûle (I Cor., III, 15), nous n’aurons rien pour nous excuser ; car Il nous dira ce qu’Il a dit jadis par le Prophète : « Mon peuple, que t’ai-Je fait, ou en quoi t’ai-Je été à charge ? réponds-Moi » (Mich., VI, 3). Il dira à celui qui sera tombé en chemin : Comment as-tu fait pour tomber en chemin ? n’ai-Je pas fait des pains, ne les ai-Je pas bénits, ne te les ai-Je pas fait donner ? mais toi, pourquoi n’as-tu pas voulu les recevoir ?

« SI JE LES RENVOIE CHEZ EUX À JEUN,

ILS VONT DÉFAILLIR EN ROUTE » (Marc, VIII, 3)

78. Combien aussi qui sont ici présents défailleront en chemin, même après ces discours qui, pour être de nous, n’en doivent pas moins être regardés comme des pains, puisque « nul ne peut nommer le Seigneur Jésus que par l’Esprit Saint » (I Cor., XII, 3) ! Combien dis-je, défailleront et s’en iront vers les voies des païens par des chemins de traverse, fornicateurs ! et plût à Dieu qu’il n’y en eût qu’un, et non un grand nombre !

Mais ce n’est pas Jésus qui est cause de la défaillance, lors même que tel défaille : car Il distribue à tous ceux qui Le suivent, qu’il y en ait cinq mille ou quatre mille.

79. Le nombre n’est pas indifférent, l’ordre n’est pas indifférent, les restes de ceux qui mangent ne sont pas indifférents. Pourquoi en effet les plus nombreux, c’est-à-dire cinq mille, sont-ils rassasiés avec cinq pains, soit un moindre nombre, et les moins nombreux, qui sont quatre mille, sont-ils nourris avec sept pains, c’est-à-dire un nombre plus élevé ? À nous en tenir au seul fait miraculeux, le divin se montre davantage si une mesure moindre a été abondante pour un plus grand nombre. Pourquoi donc ce qui est moindre s’est-il ajouté à ce qui est plus grand, comme s’il l’emportait ? car nous lisons d’abord que cinq mille furent rassasiés avec cinq pains, puis encore quatre mille avec sept pains. Cherchons donc le mystère, qui l’emporte sur le miracle.

[Rappelons que dans l’Évangile selon saint Marc (VIII, 1), celui de ce 6e dimanche après la Pentecôte, il s’agit de la multiplication de sept pains pour quatre mille hommes. Dans l’Évangile selon saint Luc (IX, 10), il s’agit d’un autre miracle de la multiplication des pains : cette fois de cinq pains pour cinq mille hommes.]


Vendredi 21 juillet 2017
S. Laurent de Brindisi,

confesseur et docteur
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Dieu qui avez donné, pour la gloire de Votre Nom et le salut des âmes, l’esprit de sagesse et de force au bienheureux Laurent, Votre Confesseur et Docteur, en vue des tâches les plus difficiles, accordez-nous ce même esprit pour que nous puissions connaître ce qu’il faut faire et l’accomplir ensuite par son intercession. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire de sainte Praxède, vierge :


Exaucez nous, ô Dieu notre Sauveur, afin que, comme la fête de la bienheureuse Praxède Votre Vierge, nous donne la joie, elle nous enseigne aussi la ferveur d’une sainte dévotion. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Saint Laurent de Brindisi, né le 22 juillet 1559 dans la ville dont il a pris le nom était entré chez les Capucins vénitiens. Savant professeur d’Écriture sainte et de théologie, il se montra polémiste ardent contre l’hérésie luthérienne.


Animateur des troupes chrétiennes qui luttaient contre l’armée ottomane et l’Union des États protestants, il fut aussi un diplomate de valeur, un actif fondateur de couvents, un zélé ministre général de son Ordre.

Il se voua tout particulièrement à l’extension et à la défense du dogme et de la morale catholiques : son œuvre abondante le classe parmi les plus savants exégètes et controversistes de la Contre-réforme post-tridentine.

Il mourut à Lisbonne le 22 juillet 1619. Léon XIII l’avait élevé sur les autels, Jean XXIII le proclama docteur de l’Église universelle.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Ayez soin du salut des faibles ; éclairez-les et fortifiez-les par vos paroles et vos exemples.

Méditation du jour
Confiance en Dieu dans tous les maux  suite

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