N° 1450
LES PÉRÉGRINATIONS DE L’ÂNE

1859

Il y eut d’abord l’annonce impériale entendue à Nazareth proclamant l’obligation du recensement, et donc le voyage décidé par saint Joseph pour se rendre avec la Sainte Vierge à Bethléem de Juda. Que de consolations pendant ce voyage : car je compris qu’il y avait une naissance en perspec-tive, et la joie tout intérieure de mes Maîtres était un spectacle discret, mais d’une qualité ! Et puis leurs conversations, sobres, élevées, d’une préoccu-pation vraiment divine ! Je sentais parfaitement combien mon fardeau était léger tandis que je portais le Ciel même !


L’arrivée à Bethléem était tout-à-fait conforme à mon personnage, je veux dire que mes Maîtres étaient traités comme je le suis habituellement… J’avoue que j’avais un peu de mal à comprendre leur soumission si parfaite à cette volonté manifestée du Ciel, moi qui suis parfois bien rétif.

Ensuite, je me retrouve avec un bon gros lourdaud, finalement bien sympathique. À nous deux, nous avons dû nous faire discrets dans la grotte : saint Joseph avait bien nettoyé le lieu, et il nous fallait avoir de la bonne tenue pour respecter le travail bien fait et nos Maîtres si bassement traités. Mais quelle joie que de pouvoir encore les servir en servant de chauffage pendant cette nuit d’hiver, surtout quand à la minuit l’Enfant-Dieu naquit.

Nous n’avons pas été étonnés de voir de pieux bergers venir honorer le Maître du Ciel et de la terre. C’était bien la moindre des choses !

Il me fallut ensuite aller à Jérusalem accompagner mes Maîtres pour la Circoncision du Nouveau-Né qui déjà devait montrer l’exemple de la soumission aux Lois divines.

Je ne ferai qu’évoquer ces grands personnages qui vinrent ensuite : Impressionnants ! Et avec eux, des confrères d’une autre qualité que nous ! D’une taille, d’une majesté un peu hautaine avec leur regard de haut : mais après tout, cela me remettait à ma vraie place, bien modeste, mais finalement si belle : tout près du Fils de Dieu, à Son service, et d’un bout à l’autre de Sa courte existence. Car il y eut encore cet autre voyage, quarante jours après cette merveilleuse Naissance, à Jérusalem. Belles cérémonies, toujours d’une discrétion incroyable : les foules, qui se pressaient autour du Temple, ignoraient totalement le Maître du monde et Sa Mère en cette Présentation de Jésus au Temple, et la Purification (je vous demande un peu !…) de la Toute Pure.

À quelque temps de là, il fallut partir nuitamment et précipitamment. Un bien long trajet dans le désert ponctué d’oasis accueillantes. Mais je dois rester discret sur ce long séjour égyptien où Jésus grandissait et où cette Sainte Famille sanctifiait ce désert qui verra (on me l’a dit) fleurir une foule de Saints anachorètes et cénobites de toutes sortes pendant des siècles dans cette Thébaïde. L’exil a du bon pour ceux qui savent en profiter.

Un jour pourtant, nous repartîmes vers la Terre promise mais, curieusement, nous avons évité la grand’ville. Je dois reconnaître que Jérusalem, pas plus que les autres grandes cités ne sont faites pour des ânes comme moi. Au fond, c’est une grande grâce que d’habiter un petit bourg ou à la campagne : l’air y est nettement moins malsain…

Le temps a passé. Mon Maître saint Joseph mourut dans d’exceptionnelles conditions : entre Notre-Dame son Épouse et Jésus ce Fils de Dieu à lui confié. Je crois bien avoir entendu le chant des Anges, un peu comme au-dessus de la Crèche.

On voudra bien noter que cette « prière » n’ayant pas de « nihil obstat »,ne bénéficie pas d’indulgences et ne peut être utilisée que de manière (très) privée.
On voudra bien noter que cette « prière » n’ayant pas de « nihil obstat »,
ne bénéficie pas d’indulgences et ne peut être utilisée que de manière (très) privée.

1860

Un long temps encore, et Jésus partit seul, à pieds. J’avoue que je fus bien triste. Et Sa très Sainte Mère n’ayant plus besoin de moi, je fus confié à des parents qui me conduisirent à Jérusalem. Je ne compris pas (je suis un âne…) pourquoi je fus ainsi brimé en étant envoyé dans la capitale infidèle. Mais voilà : c’était miraculeux, Providentiel (c’est-à-dire prévu et organisé par En-Haut). Des Apôtres (ah ! que de vrais braves gens !) vinrent me chercher et j’entrais triomphalement dans Jérusalem avec… Celui qui ne m’avait jamais abandonné.

On ne le sait pas, mais je pensais bien que cela devait finir autrement que ce que ces pauvres hommes s’imaginent… bêtement. Moi je me disais : Ils ne L’aiment pas, ils vont Le tuer… Alors je suivis moi aussi mon chemin de la Croix…

FUITE EN EGYPTE
Bloc-feuillet émis par la république de Haute-Volta en 1972

pour célébrer Noël

« La Fuite en Egypte » du toscan Gentile da Fabriano (1360-1427). Détail de la prédelle de la plus célèbre de ses œuvres : le retable de « L
« La Fuite en Egypte » du toscan Gentile da Fabriano (1360-1427).
Détail de la prédelle de la plus célèbre de ses œuvres :
le retable de « L'Adoration des Mages ». (Musée des Offices à Florence).

1861

Saint Pierre de Nolasque (fêté la semaine dernière, le 28 janvier), né près de Carcassonne, en pleine hérésie cathare, « détestant l’hérésie des Albigeois, après avoir vendu son patrimoine, se retira en Espagne ». C’était pour protéger le trésor de sa Foi. Puis il aida les malheureux esclaves des musulmans à ne pas apostasier… (Voir sa vie sur cassicia.com)

Pour nous aider à méditer

Cet animal, comme il est humble, aussi est-il grandement patient, d’autant qu’il souffre qu’on le batte, qu’on le maltraite, sans que pour cela il en oublie jamais sa crèche. Il ne se plaint point, il ne mord point ni ne donne aucune ruade, mais il endure tout avec une grande patience. (S. François de Sales, Sermons, LXIV).

Notes tirées du sermon

« Ô Dieu, qui savez qu’en raison de la fragilité humaine, nous ne pourrions subsister au milieu de tant de périls, donnez-nous la santé de l’âme et du corps, afin que grâce à Votre secours nous puissions surmonter ce que nous souffrons pour nos péchés. Par J.-C. N. S., … »

Périls de ce monde agité et orienté si facilement vers le mal moral contre lequel il faut une bonne santé de l’âme et du corps pour combattre ou pour fuir, selon les circonstances. En ce Temps liturgique au cours duquel nous constatons et méditons la fuite en Egypte de la Sainte Famille, nous devons nous préoccuper de la monture qui nous permet de nous mouvoir. Qu’en est-il en effet de celui que saint François d’Assise appelait « frère âne » ?

Saint François de Sales le déclare : « Il n’y a créature si malheureuse qui n’ait quelque chose de bon, l’ânesse a une grande simplicité : elle est sans artifice, sans détour et sans fiel ; c’est pour cela que Notre Seigneur l’a choisie, car il n’y a point de vertu que Dieu aime tant et qui L’attire davantage dans une âme que la simplicité ». Et de préciser :

« Pour entendre que c’est que simplicité, nous devons premièrement savoir qu’il y a trois vertus qui ont un tel cousinage et ressemblance qu’il semble n’y avoir point de différence entre elles : la vérité, la pureté et la simplicité.

« La vérité n’est autre chose sinon nous montrer tels en l’extérieur que nous sommes en l’intérieur ; car le mensonge [consiste] à dire ou à faire quelque chose contraire à notre sentiment intérieur. La pureté est une vertu qui ne peut souffrir aucune souillure de péché en nos cœurs. Une âme pure n’a point ses intentions mêlées, mais elle n’en a qu’une en tout ce qu’elle fait. (…)

« Mais la simplicité surpasse ces deux vertus, d’autant qu’elle regarde droit à Dieu. » Voilà donc la qualité appréciée de Jésus chez l’âne : la simplicité malgré le fait qu’il est « un animal immonde et grandement déplaisant à cause de sa tardiveté et paresse ». Voilà donc pour nous un programme pour notre pèlerinage sur la terre et la fuite des inconvénients pour notre âme.

Recommandation spirituelle de la semaine

Jésus a choisi de monter sur un âne recouvert des manteaux des Apôtres…


Samedi 17 octobre 2026
Ste Marguerite-Marie Alacoque,

vierge
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Seigneur Jésus-Christ, qui avez d’une manière admirable révélé à la bienheureuse Vierge Marguerite-Marie les insondables richesses de Votre Cœur, faites que par ses mérites et son imitation, nous méritions, Vous aimant en tout et par-dessus toute chose, d’avoir une demeure permanente dans ce divin Cœur. Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Sainte Marguerite-Marie Alacoque naquit à Vérosvres (diocèse d’Autun) en 1647. Très jeune, elle se consacra à Jésus-Christ par le vœu de virginité perpétuelle. À vingt-trois ans, elle entra chez les Visitandines de Paray-le-Monial.


Le Sacré-Cœur Se révéla à elle dans trois grandes révélations, sans que la communauté s’en doutât. Sainte Marguerite-Marie employa ses dernières années à répandre cette admirable dévotion au divin Cœur et mourut le 17 octobre 1690, à l’âge de quarante-trois ans.

Son corps virginal fut enseveli sous une dalle du chœur près de cette grille où elle était à genoux quand le divin Maître lui apparut.


Pie IX la béatifia en 1864 et Benoît XV l’a canonisée en la fête de l’Ascension, le 13 mai 1920 et Pie XI a étendu son Office à l’Église universelle le 26 juin 1929.

Pour rester dans l’esprit liturgique — qui est l’esprit de l’Église — et consacrer, comme elle nous y engage par des indulgences, le premier Vendredi du mois au Sacré-Cœur, adaptons cette dévotion au Cycle. Ce sera lui donner une grande variété, tant dans son objet matériel (le Cœur de Jésus naissant à Noël, mourant le Vendredi-Saint, ressuscitant à Pâques), que dans son objet formel (l’amour de Jésus dans Ses mystères joyeux, douloureux et glorieux).


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Efforcez-vous d’acquérir une profonde dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.


Méditation du jour
Le Sacré-Cœur et Sa fervente disciple  suite

|Qui sommes-nous ?| Effectuer un don| Contacts| |