Abbé Hervé BELMONT
Notre-Dame de la Sainte-Espérance
• Mars 2008 N° 218

• COURRIER DES LECTEURS

Comme les magazines dits « de cœur », Notre-Dame de la Sainte-Espérance ouvre un courrier des lecteurs : non de façon permanente (ouf !) mais pour faire écho aux réactions qu’a suscitées le dernier numéro consacré – une fois encore – aux sacres épiscopaux. Voici donc cinq réactions (et ma réponse), les deux premières ayant été orales, les trois autres écrites.

156

1.  « Pourquoi donc parler encore une fois de plus de ce problème ? »

—Je conçois parfaitement que je puisse donner l’impression d’avoir une sorte d’idée fixe, de ne penser qu’à la question des sacres sans mandat, lorsque j’ai l’occasion d’aborder ce thème.

Je fais toutefois observer que le dernier numéro réagissait à une remarque récurrente : je ne réponds pas aux objections qui me sont opposées. C’est pour cela d’ailleurs que ce bulletin était écrit ab irato, sur un ton un peu vif ; c’est à ceux qui font circuler cette remarque qu’il faut reprocher le retour du sujet.

Cela dit, je ne parle pas des sacres, j’en écris : c’est tout différent. La parole s’impose à l’interlocuteur, l’écrit le laisse libre de lire ou ne pas lire ; la parole souvent noie l’interlocuteur sous l’abondance des mots ou des décibels, l’écrit favorise la réflexion, le recul, le calme. L’argumentation y est dépouillée de ses parasites. Souvent, la parole fait briller les esprits superficiels au détriment de la précision, de la vérité, de la justesse du raisonnement ; l’écrit se prête moins aisément à cela. J’écris donc, nul n’est obligé de lire. Le problème me semble suffisamment grave pour me faire un devoir d’en écrire sans laisser au fait le loisir de prendre dans les esprits le statut de droit.

Une raison, autre que la simple gravité, rend opportun de revenir de temps à autre sur le sujet : la permanence d’un état. Un sacre épiscopal, légitime ou non, n’est pas uniquement un acte passager : il est à l’origine d’un état et d’une descendance. Une ordination sacerdotale inaugure un état qui durera pour l’éternité. On ne doit donc pas s’étonner qu’il y faille revenir encore et encore.

Prenons une comparaison. Voici un homme qui commet un péché : il serait contraire à la charité et à la bienséance de le lui rappeler. Une fois que le péché est pardonné, expié, on doit ne plus en faire état et l’oublier. Mais si le même homme commet un péché qui inaugure un état permanent – un pseudo-mariage par exemple – alors il faut en tenir compte de façon permanente, et il peut être nécessaire d’en parler régulièrement pour éviter que, à l’usure, cet état ne finisse par apparaître normal. Combien de faux ménages sont ainsi petit à petit parvenus à s’imposer à l’instar des autres (au détriment du saint Mariage et des vrais ménages) parce qu’on a cessé, par lassitude ou par sentimentalisme, de renouveler la mise en garde.

156
-5

Il y a quelques jours, j’ai été (courtoisement) interpellé par une personne un peu frottée de théologie, et dont le cœur penche vers les sacres sans mandat apostolique. Voici le squelette de la controverse :

—Le concile de Trente affirme bien que l’épiscopat est hiérarchique…

—Oui, mais moi je pense que…

—Pie  VI et Pie  XII en font une affaire de dogme et de Constitution de l’Église…

—Oui, mais moi je pense que…

—Saint Thomas d’Aquin établit en plusieurs lieux que le pouvoir épiscopal…

—Oui, mais moi je pense que…

Je force le trait, bien sûr, mais ce fut le fond de la discussion. C’est pour éviter ces fâcheux Oui, mais moi je pense que… et les remplacer par des Oui, mais l’Église enseigne que… que je crois utile de revenir sur la question et d’exposer l’enseignement catholique.

—  Vous n’allez tout de même pas prétendre que vous incarnez la pensée de l’Église !

—  Mais non ! Même si je m’efforce de « coller » à l’enseignement du Magistère et de m’imprégner de son esprit, ma présentation de cet enseignement n’a qu’une valeur privée (celle de mes arguments), et il est loisible à chacun d’estimer que je déforme ou que je méconnais. C’est bien entendu. Mais chacun a précisément le devoir de connaître de son mieux ce que l’Église enseigne et fait. Une salve de Oui, mais moi je pense que… n’est pas la meilleure façon d’y parvenir. Devant un problème en matière si importante, aux conséquences si graves, on rend injustifiable sa position et l’on va au-devant d’une catastrophe.

2.  [Réaction connue indirectement] L’Abbé Belmont est peut-être très attaché aux principes, mais c’est au détriment du salut des âmes : car on a besoin de prêtres.

156
-10

—  La faiblesse du zèle de l’Abbé Belmont est un fait notoire, et c’est grande misère. Mais, en l’occurrence, cela n’a rien à voir, et ne le rend pas pour autant inconscient des nécessités.

C’est Dieu qui sauve par sa miséricorde, et lui seul. Certes, il ne sauve pas sans se choisir des instruments humains à cet effet, il ne sauve pas sans intercesseur ni intermédiaire, mais c’est lui qui sauve.

Le premier souci dont nous devons donc être habités est d’être des instruments dociles, des instruments soumis, des ministres fidèles : « Que les hommes nous regardent comme les ministres de Jésus-Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu. Or ce qu’on demande des dispensateurs, c’est qu’ils soient trouvés fidèles » [I  Cor. iv, 1-2].

Cette fidélité ne se peut trouver que dans l’assentiment à toute la doctrine de l’Église, dans la conformité à sa Constitution, dans le refus de tout ce qu’elle condamne. Hors de là, c’est illusion.

Et puis, bien sûr, il reste à vivre de prière constante, de pureté d’intention, de zèle intense. C’est dire combien il faut prier pour moi !

156
-15

3.  [Lettre reçue] « J’ai un Dom Guéranger, mais il ne faut pas le lire comme vous le faîtes.

« Devant la situation actuelle non prévue, certaines de ses affirmations sont franchement inexactes.

« Et s’il n’y avait pas de pape pendant 50-70 ans !!! mais un occupant pendant 100 ans ! Plus d’évêques ! plus de prêtres !

« Déjà les ordinations (dont la vôtre) de Mgr Lefebvre sont répréhensibles.

« Supprimez les évêques consacrés par Mgr Lefebvre à tendance schismatiques (là vous avez raison !), ceux de Mgr Thuc et tous les prêtres ordonnés par eux que reste-t-il ? bientôt rien !

« Surtout si l’on pense que les nouveaux sacrements de Paul  VI sont invalides.

« En toute amitié, et respectueusement

« Toute la France devrait-elle se rendre à Bordeaux pour la messe ? »

[Réponse envoyée] Comme je l’indique dans mon bulletin, c’est pour montrer quelle est la doctrine que l’Église possède paisiblement – et donc pour montrer à qui incombe la charge de la preuve – que je cite Dom Guéranger : ce n’est pas du tout parce que son texte dirimerait le débat.

En tout cela, mon but n’est pas du tout d’amener la France entière à Bordeaux pour la Messe (et n’oubliez pas la Navarre) mais pour amener tout le monde au pied du Bon Dieu (et de la doctrine de son Église, c’est la même chose) parce que Lui seul peut nous tirer de là. Je crois qu’il ne faut pas chercher à « gagner du temps » avec des expédients qu’à mon avis il réprouve, mais qu’il faut chercher à gagner le cœur du Bon Dieu.

4.  [Lettre reçue] « C’est très bien fait, c’est remarquable. L’exposé de la causalité et de l’argument de proportionnalité qui s’y rapporte est particulièrement réussi.

« Je ne comprends pas bien la conclusion pratique qu’il convient de tirer dans le cas d’un catholique-évêque, dont l’intention en acceptant la consécration épiscopale aurait été de faire ce que l’Église a toujours fait et d’assurer la continuité du sacerdoce, et qui ne refuserait pas a priori la fonction de gouvernement mais qui s’en trouverait privé.

« Dans ce cas, on ne peut pas employer le terme de “refus de gouvernement”. Ce sacre est-il invalide ? »

[Réponse envoyée] Dans mon passage qui manque de clarté, je ne fais que m’interroger à haute voix (et c’est une interrogation qui me poursuit depuis 25 ans peut-être, depuis qu’on a inventé la notion d’« évêque diminué »). L’invention de cette notion, qui me semble du même acabit que celle d’un cercle carré, n’est-elle pas la manifestation qu’on est en présence d’un véritable dilemme ? N’est-on pas pris entre invalidité (si quelqu’un a l’intention de ne recevoir que les pouvoirs d’ordre de l’épiscopat, son intention n’est-elle pas irréelle en ce qu’elle ne porte que sur un aspect nécessaire mais dérivé du sacre épiscopal) et schisme (si celui qui reçoit le sacre a l’intention de recevoir l’épiscopat dans sa plénitude, alors n’initie-t-il une autre hiérarchie que la hiérarchie catholique dans laquelle aucun acte pontifical ne l’intègre).

156
-20

C’est une question, c’est un dilemme dans lequel je ne vois pas d’issue. Ma vue ou ma non-vue ne faisant pas la réalité, je suis incapable de conclure, et voilà pourquoi je ne fais que poser la question - mais le fait qu’on la puisse poser me paraît à lui seul d’une extrême gravité.

Pardon de remplacer une obscurité par une autre…

156
-22

5.  [Lettre reçue] Veuillez trouver en annexe deux témoignages qui permettent d’affirmer que les sacres accomplis sans mandat apostolique sont illégitimes. Je souhaiterais connaître votre opinion sur ces deux extraits.

voir Abbé Gagey #157 et encore :

voir Anonyme 1814 #185

[Réponse] Je vais reproduire ci-dessous un extrait du premier extrait (par manque de place, je ne puis mettre davantage), et le deuxième extrait intégral. Mon opinion est que ces textes ont indéniablement valeur de confirmation de ladite illégitimité. Seraient-ils suffisants à eux seuls ? C’est toujours difficile à dire, mais, par ailleurs, l’Église ne nous a pas laissés dépourvus pour établir une conclusion ferme.

Dans le premier extrait, lorsque l’auteur parle de juridiction, on voit aisément que l’auteur entend non seulement ce que certains auteurs appellent (à tort ou à raison, c’est une autre question) la juridiction seconde, juridiction effective sur une portion de l’Église (un diocèse) mais davantage encore la juridiction première, celle qui est donnée par le mandat du souverain Pontife, mandat qui concerne le sacre lui-même et l’intégration du consacré à la hiérarchie catholique.

Cette juridiction première est une dignité princière, un pouvoir réel sur le corps mystique de Jésus-Christ, l’agrégation au corps épiscopal qui, dans l’union et la subordination au souverain Pontife, gouverne l’Église de Jésus-Christ.


Dimanche 18 octobre 2026
21e dimanche après la Pentecôte
Les Missions, (mémoire), avant-dernier dimanche d'octobre

2e classe
Temps après la Pentecôte

Mémoire de de S. Luc,

évangéliste


et des Missions (uniquement à la Messe) : nous vous remercions d’aider notre communauté du Cameroun, matériellement et spirituellement.



Oraison - collecte
Nous Vous supplions, Seigneur, de gardez Votre famille par l’assistance continuelle de Votre bonté, afin que, par Votre protection, elle soit délivrée de toute adversité et qu’elle soit fervente dans la pratique des bonnes œuvres, pour la gloire de Votre Nom. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire de saint Luc, évangéliste :


Nous Vous en prions, Seigneur, que Votre saint Évangéliste Luc intercède pour nous, lui qui n’a jamais cessé de porter dans son corps la mortification de la croix, pour la gloire de Votre Nom. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire des Missions, à la Messe uniquement :


Dieu qui voulez que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, envoyez des ouvriers dans Votre moisson et donnez-leur d’annoncer Votre parole avec une confiante assurance, afin que Votre doctrine se répande, qu’elle soit en honneur, et que tous les peuples Vous connaissent, Vous, le seul vrai Dieu, et Celui que Vous avez envoyé, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Saint Luc, peut-être juif d’origine, naquit, dit saint Eusèbe, à Antioche la capitale des rois de Syrie. Saint Paul nous dit qu’il y exerçait les fonctions de médecin.

Compagnon de voyage de l’Apôtre des Nations, il fut aux côtés de saint Paul durant la plupart de ses missions et pendant sa double captivité à Rome.


Grâce à ses relations avec ce maître et avec les autres Apôtres, il put écrire le troisième Évangile que saint Jérôme et saint Jean Chrysostôme désignent sous le nom d’ « Évangile de saint Paul ». Comme le Docteur des Gentils, il s’adresse aux païens pour leur prouver que le salut est apporté par Jésus à tous les hommes sans exception qui croient en Lui.


On le désigne sous le symbole du bœuf, l’un des quatre animaux de la vision d’Ézéchiel, parce qu’il commence son Évangile en parlant du sacerdoce de Zacharie, prêtre et sacrificateur, et que le bœuf était la victime la plus ordinaire des sacrifices de l’ancienne loi.


La Messe de saint Luc présente, de même que celle de saint Marc, cette particularité qu’on y lit l’Évangile renfermant les instructions du Sauveur à Ses soixante-douze disciples, parce que ces deux Évangélistes ne furent pas Apôtres, mais seulement des Disciples de Notre-Seigneur.


Saint Jérôme rapporte que saint Luc mourut en Achaïe, âgé de quatre-vingt-quatre ans.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Ayez un vrai respect et une vraie dévotion pour les images de la sainte Vierge.

Méditation du jour
L’Évangile, inspirateur de tous les dévouements  suite

|Qui sommes-nous ?| Effectuer un don| Contacts| |