• Pour le 4e dimanche après la Pentecôte :

    LA PÊCHE MIRACULEUSE

    ET LE RÔLE DE SAINT PIERRE

    Évangile de ce dimanche (selon saint Luc, V, 1-11)

  • « Traité sur l’Évangile de saint Luc », Livre IV, n° 68.
    ( Saint Ambroise, archevêque de Milan et docteur latin de l’Église).

  • Nous sommes encore dans les débuts du long Temps après la Pentecôte qui représente environ la moitié de l’Année liturgique.

  • Il s’agit donc encore essentiellement des grands fondements du développement de la vie de l’Église symbolisé par le grain de sénevé qui va croître et devenir un grand arbre avec ses frondaisons vertes (couleur liturgique).

  • Ici le fondement est la pêche miraculeuse et le rôle de saint Pierre lorsqu’il est affermi et fidèle.

  • 452

    68. « Et, montant dans une barque qui était à Simon, Il le pria de s’écarter un peu du rivage. »

    Du moment que le Seigneur accordait à beaucoup des guérisons de diverses sortes, ni temps ni lieu ne purent contenir l’empressement de la foule à se faire guérir.

    Le soir tombait, ils Le suivaient ; le lac était là, ils Le pressaient. C’est pourquoi Il monte dans la barque de Pierre. C’est la barque qu’en saint Matthieu nous voyons encore agitée (Mt., VIII, 24), en saint Luc remplie de poissons : vous reconnaîtrez ainsi et les débuts agités de l’Église, et, plus tard, sa fécondité ; car les poissons représentent ceux qui se meuvent dans la vie. Là le Christ dort encore chez les disciples, ici Il commande ; Il dort chez les trembleurs, Il est éveillé chez les parfaits.

    Mais de quelle manière dort le Christ, vous l’avez entendu dire par le Prophète : « Je dors, et mon cœur veille » (Cant., V, 2).

    69. Et saint Matthieu a bien fait de ne pas omettre la manifestation de la puissance éternelle, quand Il commande aux vents. Ce n’est pas science humaine —comme vous L’entendez dire aux Juifs : « D’un mot Il commande aux esprits »— mais marque de la majesté céleste quand la mer agitée s’apaise, quand les éléments obéissent à l’ordre de la voix divine, quand les objets insensibles acquièrent le sens de l’obéissance.

    Le mystère de la grâce divine se révèle quand les flots du monde s’apaisent, quand une parole fait tenir coi l’esprit immonde ; l’un ne contredit pas l’autre : les deux choses sont mises en valeur. Vous avez un miracle dans les éléments, vous avez un enseignement dans les mystères.

    70. Saint Matthieu ayant donc pris sa part, saint Luc s’est adjugé la barque où Pierre devait pêcher. Celle qui a Pierre n’est pas agitée ; est agitée celle qui a Judas : sans doute les multiples mérites des disciples y étaient embarqués, mais elle était encore agitée par la perfidie du traître. Dans l’une et l’autre, il y avait Pierre : mais, solide en ses mérites, il est agité par les méchants.

    Gardons-nous donc du perfide, gardons-nous du traître, de peur qu’un seul ne nous mette tous en péril.

    Donc nulle agitation pour la barque où la prudence conduit, d’où est absente la perfidie, que pousse la Foi.

    Comment pouvait-elle être agitée, ayant pour pilote celui sur qui est fondée l’Église ? Il y a donc agitation quand la Foi est faible ; sécurité quand la Charité est parfaite.

    71. Aussi bien, si l’on commande aux autres de jeter leurs filets, on ne dit qu’au seul Pierre : « Mène au large », c’est-à-dire dans la haute mer des controverses. Y a-t-il profondeur comparable à la vue des profondes richesses (Rom., XI, 33), à la connaissance du Fils de Dieu, à la proclamation de Sa génération divine ?

    Celle-ci, l’esprit humain ne peut certainement la saisir et pleinement sonder par la raison ; mais la plénitude de la Foi l’atteint. Car s’il ne m’est pas permis de savoir comment Il est né, il ne m’est pas permis d’ignorer qu’Il est né ; j’ignore le mode de Sa génération, mais je reconnais le principe de Sa génération. Nous n’étions pas là quand le Fils de Dieu est né du Père ; mais nous étions là quand le Père L’a déclaré Fils de Dieu (Luc, I, 1).

    Si nous ne croyons pas Dieu, qui croire ? Tout ce que nous croyons, nous le croyons comme vu ou entendu : la vue se trompe souvent, l’ouïe fait foi. Récuserez-vous la personnalité du témoin ? Si des gens de bien nous parlaient, nous jugerions criminel de ne pas les croire : Dieu affirme, le Fils démontre, le soleil éclipsé le reconnaît, la terre témoigne en tremblant.

    L’Église est conduite par Pierre au large des controverses, pour voir d’une part le Fils de Dieu ressuscité, de l’autre la diffusion de l’Esprit Saint.

    [Si Dieu veut, nous donnerons l’an prochain la seconde partie de ce commentaire de saint Ambroise. Il y a déjà matière à méditation…]


    Dimanche 8 mars 2026
    3e dimanche de Carême
    1re classe
    Temps du Carême

    S. Jean de Dieu,

    confesseur



    Oraison - collecte
    Nous Vous en prions, Dieu tout-puissant, ayez égard aux vœux de nos cœurs humiliés, et pour nous défendre, étendez le bras de Votre majesté. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
    Ainsi soit-il

    Vie du Saint du jour
    Saint Jean de Dieu naquit au Portugal en 1495. Après une jeunesse orageuse, à l’âge de quarante ans, un jour qu’il entendait la parole divine, il se sentit tellement enflammé de charité envers Dieu dans le prochain, qu’il distribua tout ce qu’il possédait aux pauvres et consacra toute sa vie à leur service.


    L’amour de Dieu se confond en effet avec celui du prochain, nous dit l’Évangile, car les hommes portent en eux l’image du Père céleste dont ils sont les fils en vertu de leur union avec Dieu et avec Jésus par la grâce.

    Grâce à son détachement et aux aumônes que saint Jean obtint pour l’érection de deux vastes hôpitaux dans la ville de Grenade, « il enrichit l’Église d’une nouvelle famille » qui prit le nom de Frères-Hospitaliers de Saint-Jean de Dieu et qui, à l’imitation du Christ dans Sa vie d’apostolat, se dévoue pour guérir tout à la fois les corps et les âmes.


    Un grand incendie s’étant déclaré dans un hôpital, il se jeta intrépidement au milieu des flammes et sauva tous les malades parce que le feu de l’amour divin qui embrasait son cœur était plus grand que celui qui brûlait au dehors.

    Saint Jean, auquel son amour divin fit qu’on joignit à son nom celui de Dieu, était continuellement plongé dans la contemplation des choses célestes.


    Atteint d’une grave maladie, il reçut les derniers Sacrements, puis se mettant à genoux, il mourut en pressant sur son cœur l’image de Jésus crucifié. C’était à Grenade en 1550.

    Léon XIII le déclara le Patron des hospitaliers et des malades et ordonna qu’on mit son nom dans les Litanies des agonisants.


    À l’exemple de saint Jean de Dieu remplissons nos cœurs du feu de la charité divine qui nous purifiera de nos vices et recourons à la protection de ce Saint pour que nous soyons toujours pourvus des remèdes qui conduisent à l’éternité.


     voir la grande vie du Saint


    Résolution pratique du jour
    Soyez bon pour les pauvres ; voyez en eux les membres souffrants de Jésus-Christ.

    Méditation du jour
    Relations de saint Joseph avec l’économie de la Rédemption  suite

    |Qui sommes-nous ?| Effectuer un don| Contacts| |